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En Compagnie de l’Élu

La grande bataille de Badr (2)

dimanche 12 août 2007

Le lendemain matin, alors que les Musulmans guettaient le passage de la caravane d’Abû Sufyân, ils apprirent que ce dernier avait dévié son trajet et leur avait échappé et qu’il ne restait dans les alentours que l’armée de Quraysh. Une fois sauvé, lorsque Abû Sufyân sut que les Qurayshites étaient partis livrer bataille, il leur dépêcha un émissaire les invitant à retourner à La Mecque puisque la caravane était arrivée saine et sauve. Abû Jahl se mit en colère et tonna : « Par Allâh, nous ne nous en retournerons pas avant d’aller camper à Badr pendant trois nuits à immoler les chamelles, à donner un banquet où l’on fera couler le vin et où les chanteuses chanteront, afin que les Arabes entendent parler de nous, de notre campagne et de notre armée et que nous soyions craints à jamais... »

Les Qurayshites approuvèrent et se mirent à la recherche d’un emplacement où ils pourraient se préparer pour la bataille. Badr était un endroit historique jouissant d’un prestige particulier chez les Arabes ; si les Qurayshites rentraient à La Mecque sans livrer bataille, les gens penseraient qu’ils avaient craint d’affronter le Prophète — paix et bénédictions sur lui — et ses compagnons, ce qui ne manquerait pas de renforcer la position du Prophète et contribuerait au succès et à la propagation de son Message. Malgré tout, sous l’influence d’Al-Akhnas Ibn Sharîq, les Banû Zuhrah rentrèrent à La Mecque.

De son côté, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — et ses compagnons marchèrent jusqu’à ce qu’ils eurent atteint les puits de Badr ; la pluie avait consolidé les sables et facilité leur marche. Al-Hubâb Ibn Al-Mundhir s’adressa au Prophète : « Ô Messager d’Allâh, ce lieu de campement correspond-il à un choix divin auquel nous devons nous tenir, ou bien est-il gouverné par le stratagème, l’art de la guerre et la ruse ? » Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit : « Le stratagème, l’art de la guerre et la ruse. » Al-Hubâb dit : « Ô Messager d’Allâh, si tel est le cas, il ne faudrait pas camper ici. Donne l’ordre de marcher jusqu’au puits le plus proche de l’ennemi, puis construisons un bassin et remplissons-le d’eau, puis enfouissons les autres puits. Ensuite, nous livrerons bataille ; nous pourrons boire à notre soif et notre ennemi en sera privé. » Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — suivit le conseil d’Al-Hubâb, il campa à l’endroit indiqué, on construisit un bassin et une cabane où le Prophète — paix et bénédictions sur lui — pourrait se reposer.

Sur ce, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — donna à ses compagnons la consigne suivante : « Quiconque croise Al-`Abbâs qu’il ne le tue pas car il est parti à la guerre contre son gré. Quiconque croise quelqu’un parmi les Banû Hâshim et les Banû Al-Muttalib qu’il le laisse tranquille. » Ce faisant, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — entendait leur rendre le bienfait de l’avoir soutenu et protégé contre les Quraysh, allant même jusqu’à endurer avec lui un embargo de trois ans dans le maquis d’Abû Tâlib.

Lorsque les Qurayshites virent ce que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — avait fait et qu’il était accompagné de trois cents hommes seulement, ils caressèrent l’espoir de les éradiquer jusqu’au dernier. Al-Aswad Ibn `Abd Al-Asad Al-Makhzûmî sortit précipitamment des rangs qurayshites en direction du bassin que les Musulmans avaient construit en vue de le démolir. Mais Hamzah Ibn `Abd Al-Muttalib s’empressa de lui porter un coup qui l’amputa d’une jambe, et aussitôt lui porta le coup de grâce. Dès qu’Al-Aswad fut terrassé, `Utbah Ibn Rabî`ah, son frère Shaybah et son fils Al-Walîd Ibn `Utbah sortirent des rangs et demandèrent à se battre en duel. Sur ce, de jeunes Ansarites s’avancèrent pour les confronter, mais `Utbah objecta : « Nous n’avons que faire de vous, nous en avons après les nôtres. » Puis, ils crièrent : « Muhammad, envoie nous nos égaux parmi les nôtres. » Alors, Hamzah Ibn `Abd Al-Muttalib, `Alî Ibn Abî Tâlib et `Ubaydah Ibn Al-Hârith Ibn `Abd Al-Muttalib s’avancèrent. Les deux parties se confrontèrent ; Hamzah tua Shaybah, `Alî tua Al-Walîd, puis ils aidèrent `Ubaydah à tuer `Utbah.

P.-S.

Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yâsîn Rushdî, Fî Rihâb Al-Mustafâ (En Compagnie de l’Élu), disponible au format PDF sur le site Mouassa.org.

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