samedi 25 août 2007
Le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — répartit les prisonniers entre ses compagnons et leur dit : « Traitez les prisonniers avec bonté. » Sur le chemin du retour vers Médine, deux prisonniers furent tués. Le premier était An-Nadr Ibn Al-Hârith et le second `Uqbah Ibn Mu`ayt. Les deux figuraient parmi les plus brutaux et les plus cruels tortionnaires de Musulmans à La Mecque.
Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — rentra dans Médine en compagnie des Musulmans, avec un jour d’avance sur les prisonniers. Puis, on emmena les prisonniers. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — recommanda à ses compagnons qui en avaient la garde de bien les traiter et que chacun fasse preuve de miséricorde envers son prisonnier. Puis il commença à réfléchir au sort qu’il pouvait leur réserver. Devait-il les tuer, ou bien accepter une rançon ? Ils étaient forts et puissants et leurs cœurs débordaient de haine et de rancœur envers les Musulmans, et en particulier après qu’ils les eurent faits prisonniers et tués leurs chefs. S’il les libérait contre le paiement d’une rançon, ils reviendraient faire la guerre aux Musulmans par la suite. S’il ordonnait leur mise à mort, il provoquerait la haine dans le cœur de leurs familles, haine qu’il serait difficile de dissiper. Il décida donc de consulter ses compagnons.
Il commença donc par Abû Bakr qui dit : « Ô Messager d’Allâh, je donnerais pour toi père et mère. Il s’agit de ton peuple dont certains sont pour toi des pères, des enfants, des oncles, des cousins, des frères et d’autres liés par des liens de parenté plus éloignés. Relâche-les gracieusement, qu’Allâh t’accorde de Sa grace, ou accepte une rançon afin que par ce geste Allâh les sauve de l’Enfer, et que la rançon prélevée renforce les Musulmans. En vérité, j’espère qu’Allâh guidera leurs cœurs. » Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — se tut et ne répondit rien. Abû Bakr prit congé et `Umar vint. Lorsque le Prophète — paix et bénédictions sur lui — lui demanda son avis, il dit : « Ô Messager d’Allâh. Ce sont les ennemis d’Allâh. Ils t’ont démenti, t’ont combattu et t’ont chassé. Fais trancher leurs cous, car ce sont les têtes de la mécrance et les guides de l’égarement. Par ce geste, Allâh renforcera l’islam et humiliera les polythéistes. » Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — se tut et ne répondit rien. Abû Bakr retourna et n’eut de cesse de demander la miséricorde du Prophète — paix et bénédictions sur lui — et de lui rappeler les liens de parenté et de souhaiter la guidance de ces prisionniers s’il préservait leurs vies. De même, `Umar exposa de nouveau son point de vue.
Le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — se leva et s’enferma dans son appartement pendant une heure. Puis il sortit, tandis que les gens discutaient du sort des prisonniers, certains soutenant l’avis d’Abû Bakr et d’autres celui de `Umar. Les Musulmans se concertèrent un temps et optèrent finalement pour la rançon, rançon au sujet de laquelle fut révélée la parole de Dieu — Exalté soit-Il — : « Un prophète n’a pas à faire de prisonniers avant d’avoir prévalu sur le terrain. Vous voulez les biens de ce monde mais Dieu veut l’autre pour vous car Dieu est puissant et sage. » [1]
Pendant que les Musulmans discutaient du sort des prisonniers de guerre, un homme ayant échappé à la mort et à la captivité arriva à La Mecque et informa ses habitants de ce qui venait d’arriver à leurs chefs et leaders. Il leur parla des tués, des prisonniers, de l’humiliation et de la défaite. Dans un premier temps, ils restèrent incrédules, puis à mesure qu’elle se confirmait, la nouvelle les terrassa. Abû Lahab en fit une fièvre et mourut une semaine tard.
Après de longues discussions, les Qurayshites décidèrent de verser une rançon pour leurs prisonniers, parmi lesquels figurait Abû Al-`Âs Ibn Ar-Rabî`, l’époux de Dame Zaynab la fille du Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui —. Les habitants de La Mecque envoyèrent de l’argent pour la libérer leurs prisonniers, tandis que la fidèle épouse musulmane envoya ce qu’elle pouvait pour libérer son époux polythéiste. Elle envoya, entre autres effets, un collier que sa mère, Dame Khadîjah — que Dieu l’agrée —, lui avait offert à l’occasion de son mariage. Lorsqu’on posa la rançon devant le Prophète — paix et bénédictions sur lui —, il vit le collier et fut saisi d’émotion au souvenir de son épouse, Dame Khadîjah — que Dieu l’agrée —. Devant l’émotion visible sur le visage du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, ses compagnons décidèrent de libérer le prisonnier gracieusement et de lui remettre la rançon que son épouse avait envoyée, y compris le collier en question. L’époux polythéiste retourna à La Mecque, non sans avoir promis d’autoriser son épouse musulmane à émigrer vers Médine aussitôt qu’il sera arrivé à La Mecque. L’époux tint sa parole et l’épouse musulmane partit pour Médine alors qu’elle était enceinte. Mais un polythéiste mecquois la prit à partie et l’effraya de sa lance, au point qu’elle fit une fausse couche. Puis elle poursuivit son voyage vers Medine où elle rejoignit le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui —.
Quelque temps plus tard, l’époux conduisit une caravane Qurayshite en partance pour la Syrie. La caravane fut saisie par les Musulmans et l’époux prit la fuite. Après la tombée de la nuit, il rentra secrètement dans Médine et se refugia chez sa femme à qui il demanda la protection. Elle l’abrita jusqu’au lendemain matin. Les Musulmans se rendirent à la mosquée pour accomplir la prière de l’aube. Lorsque le Prophète — paix et bénédictions sur lui — eut pris position dans le mihrab et entamé la prière, Dame Zaynab — que Dieu l’agrée — cria depuis les rangées des femmes : « Ô gens, j’ai accordé ma protection à Abû Al-`Âs Ibn Ar-Rabî` ». Lorsque le Prophète — paix et bénédictions sur lui — eut conclu sa prière, il se tourna vers les gens disant : « Ô gens, avez-vous entendu ce que j’ai entendu ? Par celui Qui détient mon âme, je n’ai point eu vent de cette affaire avant de l’avoir entendue en même temps que vous. La protection des Musulmans est engagée par le moindre d’entre eux. » Puis il alla voir sa fille Zaynab et lui dit : « Offre lui l’hospitalité, mais qu’il ne t’approche point car tu n’es point licite pour lui. » Elle répondit : « Il est venu réclamer son argent. » Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — exposa la question aux membres de l’expédition qui avait intercepté la caravane ; ceux-ci décidèrent de lui restituer les biens capturés. L’époux retourna à La Mecque avec l’argent des Qurayshites. Après qu’il eut retourné les biens à leurs propriétaires respectifs, il demanda à haute voix : « Reste-t-il quelqu’un à rembourser ? » Ils répondirent : « Non, qu’Allâh te rétribue. » Il dit : « Par Allâh, si vous n’alliez pas me soupçonner de traitrise, je serais resté à Médine et me serais converti à l’islam auprès du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui —. » Puis il partit à toute vitesse vers Medine et se rendit auprès du Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — clamant sa profession de foi musulmane et prêtant allégeance. Il retrouva ainsi son épouse fidèle et patiente, et la famille se regroupa de nouveau dans le cadre de la religion de la tolérance. [2]
© islamophile.org 1998 - 2008. Tous droits réservés.
Toute reproduction interdite (y compris sur internet), sauf avec notre accord explicite. Usage personnel autorisé.
Les opinions exprimées sur le site islamophile.org sont celles de leurs auteurs. Exprimées dans diverses langues étrangères, ces opinions sont mises à la portée des lecteurs francophones par nos soins, à des fins d'information, de connaissance et de respect mutuels entre les différentes cultures et religions du monde.