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En Compagnie de l’Élu

Escarmouches avec Quraysh et les tribus arabes

dimanche 5 septembre 2010

Abû Sufyân ne put endurer la débâcle de Quraysh à la bataille de Badr. Il chercha donc le moyen de redorer le blason de Quraysh auprès des Arabes, afin qu’ils n’en oubliassent la puissance et les capacités militaires. Il rassembla alors, un mois après Badr, de rudes combattants mecquois avec qui il quitta discrètement La Mecque en direction de Médine. Lorsqu’ils arrivèrent dans les alentours de la ville, ils attendirent une bonne partie de la nuit avant de s’approcher d’un lieu-dit dénommé Al-`Urayd, où ils trouvèrent deux hommes dans leur champ. Ils les tuèrent, brûlèrent deux maisons ainsi que des palmiers. Par cet acte, Abû Sufyân jugea qu’il avait honoré son serment d’attaquer Muhammad. Il prit alors la fuite avant que l’alerte ne fût donnée à Médine. Lorsque le Prophète apprit ce qui était arrivé, il sortit avec quelques Compagnons à la poursuite d’Abû Sufyân. Celui-ci fuyait avec sa troupe à vive allure, au point qu’ils délestaient leur monture en jetant leurs vivres et leur sawîq [1]. Ces vivres étaient récupérés par les musulmans à leur passage : c’est pourquoi cette poursuite porte le nom de la bataille du Sawîq. Abû Sufyân et ses hommes étant parvenus à s’échapper, le Prophète rentra à Médine.

Les nouvelles de la vaine tentative d’Abû Sufyân se répandirent parmi les Arabes, ce qui ne fit que le couvrir davantage de déshonneur, et ne fit qu’augmenter l’aura du Prophète auprès de tous. Les tribus lointaines demeuraient à l’écart, se désintéressant de ce qui se tramait entre les musulmans et Quraysh. Les tribus proches s’inquiétaient quant à elles de la montée en puissance des musulmans et de la menace qu’ils faisaient peser sur Quraysh. Ces tribus tiraient en effet profit du passage des caravanes qurayshites sur leurs territoires lorsqu’elles se rendaient en Syrie ou en revenaient. L’interception de ces caravanes par les musulmans pouvaient contraindre Quraysh à en modifier le parcours, ce qui portait gravement atteinte aux intérêts de ces tribus.

Le Prophète apprit un jour que les tribus de Ghatafân et de Sulaym projetaient une offensive contre les musulmans. Il sortit alors en direction de Qarqarat Al-Kudr afin de leur barrer la route. Lorsqu’il arriva à destination, il ne trouva personne, si ce n’est du bétail. Il apprit que les troupes ennemies avaient quitté l’endroit à la recherche d’eau. Ses Compagnons rassemblèrent alors le bétail qu’ils trouvèrent et rentrèrent à Médine avec leur butin.

Puis le Prophète apprit que des unités issues des tribus de Tha`labah et de Muhârib se regroupaient en vue d’une attaque contre les faubourgs de Médine. Le Prophète sortit alors à la tête de quatre cent cinquante musulmans pour défendre la ville. Il rencontra en route un Tha`labite qu’il interrogea sur l’attroupement ennemi. L’homme répondit : « Lorsqu’ils ont appris que tu venais à leur rencontre, ils ont fui et sont allés se réfugier au sommet des montagnes. » Quelque temps plus tard, le Prophète apprit à nouveau qu’un important détachement sulaymite se regroupait à Bahrân et se préparait à lancer l’offensive. Le Prophète quitta encore une fois Médine avec trois cents hommes, et lorsqu’ils arrivèrent près de Bahrân, ils surent que le détachement, effrayé et affolé, s’était dispersé et avait rebroussé chemin. Et ainsi de suite. A chaque fois que des tribus songeaient à tenter une incursion contre les faubourgs de Médine, et qu’ils apprenaient que le Prophète venait à leur rencontre, ils prenaient peur et s’enfuyaient.

Lorsque les nouvelles de ces tribus parvinrent aux Qurayshites, ceux-ci durent se rendre à l’évidence que la route caravanière en direction de la Syrie n’était plus sûre. Ils réfléchirent alors à une autre route qui serait hors d’atteinte du Prophète et de ses Compagnons. Leur choix se porta sur la route d’Irak, bien que cette route ne s’apprêtât guère aux voyages caravaniers. On leva toutefois les fonds pour organiser une grande caravane commerciale dont on espérait qu’elle rattraperait les pertes subies. La caravane fut placée sous la direction de Safwân Ibn Umayyah. Lorsque le Prophète apprit le départ du convoi, il dépêcha pour l’intercepter Zayd Ibn Hârithah, à la tête de cent cavaliers. L’interception eut lieu à Al-Qardah [2]. Les caravaniers prirent la fuite, tandis que la caravane et les marchandises qu’elle transportait, tombèrent entre les mains des musulmans. Ce fut le premier butin de valeur fait par les musulmans.

La colère saisit les Qurayshites à l’annonce de ce qui advint de la caravane de Safwân Ibn Umayyah, ce d’autant qu’elle était chargée d’une grande partie de leurs biens, et que la plupart des Mecquois y avaient participé. Ils comprirent ainsi que leurs caravanes n’étaient plus en sécurité, qu’elles empruntassent la route habituelle ou la route d’Irak. En outre, le Prophète avait conclu des pactes avec les tribus dont les territoires étaient traversés par les caravanes : ces tribus s’abstenaient par conséquent d’intervenir entre le Prophète et Quraysh.

Etant donné que Quraysh devait sa subsistance au commerce – le voyage d’hiver vers l’Abyssinie et le voyage d’été vers la Syrie – il ne lui restait d’autre alternative que la guerre ou la mort par inanition. Ils décidèrent donc que ce serait la guerre et la vengeance.

P.-S.

Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yâsîn Rushdî, Fî Rihâb Al-Mustafâ (En Compagnie de l’Élu), disponible au format PDF sur le site Mouassa.org.

Notes

[1Le sawîq est un aliment à base de farine de blé ou d’orge.

[2Al-Qardah est une source située dans le Najd.

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