samedi 6 décembre 2003
J’ai trouvé une bague il y a un an. Lorsque je l’ai trouvée, j’ai fait passer une annonce, espérant que son propriétaire se manifesterait. Mais il n’en a rien été. Que dois-je faire ?
Cette question a trait au chapitre des objets trouvés, qui est un chapitre de la jurisprudence islamique. Cette noble religion a prescrit la protection des biens, de même qu’elle a prescrit le respect et la préservation des biens d’autrui. Or un objet trouvé est précisément un bien appartenant à autrui.
Si une personne perd un bien qui lui appartient, alors trois cas se présentent :
Premier cas :
Le bien n’a pas de valeur particulière auprès de gens, comme un fouet, une miche de pain, une datte, un bâton, etc. Dans ce cas-ci, celui qui trouve ledit bien en devient le propriétaire légitime : il peut en faire usage sans avoir à le déclarer. Jâbir dit en effet : « Le Messager de Dieu - paix et bénédiction sur lui - a permis que le bâton, le fouet et la corde deviennent la propriété de celui qui les trouve. » (rapporté par Abû Dâwûd)
Deuxième cas :
Le bien est une bête capable de survivre à de petits carnassiers, soit parce que c’est une grande bête comme le chameau, le cheval, la vache ou la mule, soit parce qu’elle est capable de voler dans les airs, comme l’oiseau, soit parce qu’elle court très vite, comme la gazelle, soit encore parce qu’elle est capable de se défendre avec ses crocs comme le félin. Il est interdit de s’approprier les animaux trouvés entrant dans cette catégorie. Même s’il le déclare, celui qui s’approprierait un tel animal trouvé n’en serait pas pour autant le propriétaire légitime. On demanda en effet au Prophète l’attitude à adopter devant un chameau perdu. Était-il permis de se l’approprier ? Il répondit : « De quoi me mêlé-je ? La bête trouvera l’eau et boira ; elle trouvera des arbres et mangera ; et ce, jusqu’à ce que son maître la retrouve. » (hadith consensuel). `Umar dit : « Celui qui s’approprie un animal perdu est certes quelqu’un de perdu », c’est-à-dire quelqu’un de fautif. Le Prophète a en effet décrété dans ce hadith que l’animal perdu ne devait pas être saisi par autre que son propriétaire légitime : la bête doit être abandonnée à elle-même jusqu’à ce que son maître la retrouve.
Sont également inclus dans ce deuxième cas les gros objets comme les grandes marmites, le bois, l’acier, etc, et de manière générale tout ce qui peut se conserver et qui n’est pas susceptible de se déplacer. Comme pour les animaux perdus, il est interdit de s’approprier ce type d’objets. La prohibition est même accentuée dans ce cas de figure.
Troisième cas :
Le bien trouvé est un bien tout à fait ordinaire : de l’argent, des effets quelconques, etc, ou alors une bête incapable de survivre aux petits carnassiers : le mouton, la chèvre, le veau, etc. Dans ce cas, il est permis à celui qui trouve un tel bien de se l’approprier. On distingue trois types de biens dans ce troisième cas de figure :
Il n’est donc pas permis de prendre un objet trouvé entrant dans les catégories précédentes, sauf si l’intéressé est confiant en son honnêteté et s’il a la capacité de déclarer ce qui a besoin de l’être. En témoigne le hadith rapporté par Zayd Ibn Khâlid Al-Jahnî - que Dieu l’agrée : « On interrogea le Prophète - paix et bénédiction sur lui - au sujet d’une quantité d’or ou d’argent trouvée. Il répondit : « Note bien comment est la bourse et l’attache de la bourse dans laquelle tu as trouvé la somme. Puis fais-en l’annonce pendant un an. Si après un an, le propriétaire ne se manifeste pas, alors tu peux la dépenser, bien qu’elle demeure un dépôt chez toi. Si le propriétaire se manifeste un jour, alors rends-lui son argent. » On l’interrogea ensuite sur le mouton trouvé. Il répondit : « Prends-le. Car il sera soit pour toi, soit pour ton frère, soit pour le loup. » On l’interrogea enfin sur le chameau trouvé. Il répondit : « De quoi me mêlé-je ? La bête trouvera l’eau et boira ; elle trouvera des arbres et mangera ; et ce, jusqu’à ce que son maître la retrouve. » » (hadith consensuel)
Lorsque le Prophète dit de faire l’annonce de l’objet trouvé pendant un an, cela signifie qu’il faut annoncer aux gens que quelqu’un a perdu cet objet. On fera de préférence cette annonce dans les lieux de rassemblement comme les marchés, aux portes des mosquées, dans les réunions ou dans les fêtes. Au cours de la semaine où a été trouvé l’objet, l’annonce publique sera faite quotidiennement, car c’est au cours de cette semaine que le propriétaire sera le plus susceptible de rechercher son objet perdu. Après l’écoulement de la première semaine, l’annonce sera faite en fonction des coutumes locales. Il est à noter que nous venons de décrire ici la manière dont se faisaient les annonces dans le passé. Il est évident qu’une personne qui trouve un objet aujourd’hui en fera l’annonce grâce aux moyens modernes. L’important est d’atteindre l’objectif fixé par l’Islam qui est que tout doit être fait pour que l’objet trouvé revienne à son propriétaire légitime.
Le hadith précédemment cité montre qu’il est obligatoire de faire annoncer les objets trouvés. Lorsque le Prophète dit de bien noter les caractéristiques de la bourse et de l’attache de la bourse, il faut y voir l’obligation de bien connaître les caractéristiques de l’objet trouvé, de sorte que si le propriétaire vient et décrit l’objet de manière exacte, l’objet lui soit restitué. Si en revanche, la description qu’il en donne n’est pas conforme à la réalité, alors l’objet ne doit pas lui être restitué.
Lorsque le Prophète dit que le propriétaire ne s’étant pas manifesté après écoulement d’une année complète, il est possible de dépenser l’argent trouvé, cela signifie que la personne ayant trouvé le bien en devient propriétaire, à condition qu’elle en ait fait l’annonce et qu’une année complète se soit écoulée. Il ne lui est cependant pas permis d’en disposer tant qu’elle n’aura pas noté toutes les caractéristiques du bien ici concerné. Si le propriétaire initial vient réclamer son argent après l’écoulement de l’année, et s’il en donne une description exacte, alors l’argent doit lui être restitué.
Se dégagent ainsi un certain nombre de directives concernant les objets trouvés :
On voit ainsi, à travers la question des objets trouvés, que l’Islam accorde une importance primordiale à la préservation des biens de l’individu musulman. De manière générale, l’on saisit toute la portée de l’invitation de l’Islam à l’entraide dans le sens du bien. Nous prions Dieu - Loué soit-Il - pour qu’Il nous raffermisse dans l’Islam et qu’Il nous rappelle à Lui en tant que Musulmans.
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