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Vérité amère
Section : Tome 1

Nous sommes-nous trompés de chemin ?

mercredi 25 septembre 2013

J’ai lu que le Président des Etats-Unis a demandé au Pakistan de ne pas poursuivre son programme de fabrication de la bombe atomique, menaçant de geler les aides militaires s’il fabrique cette bombe.

Or chacun sait que l’Inde a déjà fabriqué la bombe atomique avec l’aide des Russes, et que les Américains n’ont pas gelé leur aide, ni avant ni après l’acquisition par l’Inde de cette arme redoutable.

Il est donc manifeste que l’attitude américaine vise à ce que les Musulmans demeurent la partie la plus faible dans tout conflit qui peut éclater.

C’est la même ligne directrice que suit l’Amérique dans le conflit israélo-arabe. Les États-Unis font en sorte que l’État d’Israël soit capable à lui seul de vaincre plus de vingt pays arabes réunis, et ce, en le soutenant militairement et politiquement, voire en intervenant directement si la balance penche du côté arabe.

La rancœur dirigée contre l’Islam et sa nation est infinie. L’Europe et l’Amérique sont sur un même pied d’égalité pour ce qui concerne ces vifs ressentiments.

Les gens ont été saisis de stupéfaction lorsque, par décret, le Ministre français de l’Enseignement supérieur a relevé Jean-Claude Rivière de ses hautes fonctions universitaires et a retiré au chercheur Henri Roques le doctorat qu’il a obtenu.

Le chercheur susmentionné démontre dans sa thèse de doctorat que le génocide des Juifs en Allemagne nazie n’est qu’un mythe, et que l’holocauste de six millions de Juifs dans les chambres à gaz est une théorie sans fondements. Le chercheur a apporté des preuves scientifiques qui ont poussé l’Université à lui accorder le doctorat. Car l’Université ne reconnaît d’autre autorité que celle de la science.

Mais les organisations juives se sont mises en colère. Et puisque les Juifs sont les enfants gâtés du monde croisé, il a fallu leur donner satisfaction et accomplir leur volonté [1].

Des choses encore plus étonnantes ont également eu lieu en France quelque temps auparavant. Lorsque Roger Garaudy s’est converti à l’Islam, il a été poursuivi en justice pour antisémitisme. Les éditeurs parisiens se sont mis d’accord pour ne lui publier aucun livre, et pour boycotter ceux qui entretiendraient des relations avec lui. L’auteur français a vu son avenir compromis au plan financier, bien qu’il ait gardé la tête haute, ne s’en remettant qu’à Dieu seul.

Ces exemples sont la synthèse de ce que nous avons lu ces derniers jours. Les injustices et les offenses faites à la nation islamique constituent quant à elles un flot inépuisable. Le plus grave est que ces injustices et ces offenses sont commises au titre de la laïcité et de l’humanisme, et non pas au titre du fanatisme religieux et des vieilles rancœurs.

Le changement de titre nous rappelle pour quelque raison l’histoire de cet épicier qui a écrit « Poivre » sur la boîte de sucre. Pourquoi ? Pour que les fourmis se trompent de chemin ! Alors nous sommes-nous trompés de chemin ?

P.-S.

Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Muhammad Al-Ghazâlî, Al-Haqq Al-Murr, tome 1, éditions Nahdat Misr, décembre 1996.

Notes

[1Sheikh Muhammad Al-Ghazâlî fait allusion ici à l’affaire Roques qui a suscité la polémique en France au milieu des années 1980. Le 15 juin 1985, Henri Roques soutient à l’Université de Nantes une thèse d’histoire dirigée par Jean-Claude Rivière, dans laquelle il développe des idées négationnistes. Près d’un an plus tard, le scandale éclate lorsque l’affaire est rendue publique.

Dans les pays arabo-musulmans, où le poids historique et mémoriel de la Shoah est un concept quasiment inconnu, et où l’holocauste des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ne jouit pas comme en Europe d’un statut historique à part, on comprend difficilement qu’en Occident, les thèses révisionnistes et négationnistes puissent constituer un délit passible de lourdes sanctions. Les intellectuels de ces pays estiment que tout événement historique est matière à discussion, et l’on ne comprend pas pourquoi la Shoah constitue une exception. Les lois sanctionnant le négationnisme, à l’instar de la loi Gayssot, sont majoritairement vues comme des lois établissant une histoire officielle. De ce fait, ces tabous qui entourent la Shoah sont parfois considérés de manière suspecte. C’est dans ce cadre qu’il faut replacer l’indignation de Sheikh Muhammad Al-Ghazâlî qui ne comprend pas que des historiens puissent être molestés pour avoir livré leurs analyses. NdT

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