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Le Jeûne

Introduction

Par Sheikh Al-Bahiyy Al-Khôlî

samedi 10 novembre 2001

Dieu dit :"O vous qui avez cru ! le Jeûne vous a été prescrit comme il l’a été à ceux qui vous ont précédés". Dans ce fragment de verset, Dieu révèle que le jeûne est une forme ancienne d’adoration. Il nous l’a prescrite, aussi bien qu’à tous ceux qui vécurent avant nous, et cela depuis l’époque d’Adam.

Le Commentaire Al-Manâr rapporte ce qui suit au sujet du jeûne des juifs et des chrétiens : " On ne rencontre point dans la Bible, (lit-on dans Al-Manâr), un texte défini prouvant la prescription du jeûne. Nous trouvons simplement un éloge du jeûne et de ceux qui l’observent. Il est établi que Moïse jeûna quarante jours. Ceci prouve que le jeûne était connu, légitime et compté parmi les formes d’adoration. En ce temps-là, les juifs jeûnaient une semaine en mémoire de la destruction de Jérusalem. Ils jeûnaient aussi un jour en août. La Bible rapporte que le jeûne fut imposé aux juif le dixième jour du septième mois. Ils le jeûnaient ainsi que la nuit et il est probable qu’ils l’appelaient ashoura. Ils observaient également le jeûne pendant d’autres jours ".

Toutefois, pour les Chrétiens, on ne rencontre point dans les Evangiles un texte qui ordonne le Jeûne, mais ils le citent, le louent et le considèrent comme une forme d’adoration. Ils ordonnent à celui qui jeûne d’oindre sa tête, de se laver le visage pour ne point laisser paraître les traces du jeûne. Sinon, il serait alors hypocrite comme les Pharisiens. Leur jeûne, le plus ancien et le plus connu, est le Grand Jeûne qui précède Pâques. Moïse, Jésus et ses disciples l’ont jeûné par la suite. Les docteurs de l’Eglise ont prescrit d’autres formes du jeûne qui varient selon les sectes et qui comportent l’abstinence de viande, poisson, œufs et lait. Les premiers chrétiens observaient le jeûne tel qu’il était pratiqué par les juifs et ne mangeaient qu’une fois toutes les vingt-quatre heures. Plus tard, ils le modifièrent et le limitèrent de minuit à midi.

Al-Manâr ajoute : " Le jeûne est une ancienne forme d’adoration reconnue par les religions antérieures. Il est considéré comme un des principes fondamentaux de chaque religion. Toutes les religions, même le paganisme, le jugent licite. Les Anciens Egyptiens le pratiquaient, puis il passa chez les Grecs. Ils l’imposaient notamment aux femmes. Les Romains, à leur tour, l’observèrent. Jusqu’à aujourd’hui, les païens de l’Inde le pratiquent ".

Parmi les païens qui l’ont connu, on cite :

  1. Les Sabéens de Haran : leur religion leur ordonnait de s’abstenir de boireet de manger depuis le lever du soleil à son coucher, et cela durant trente jours.
  2. les Manichéens ou adeptes de Manou : leur religion leur ordonnait de s’abstenir de boire et de manger, trente jours, tout comme les Sabéens.
  3. les Indous : Ils ont des jours saints qu’ils jeûnent. Ils ont des buts spirituels peu communs qu’ils ne peuvent atteindre qu’en jeûnant complètement tout un mois. Pour en atteindre d’autres, ils jeûnaient toute une année, ne rompant le jeûne que le premier jour de chacun des douze mois.

Dieu fit suivre l’obligation du jeûne de ces mots : "Peut-être seriez vous pieux". Le vrai jeûne nous aide à nous libérer de la luxure et des illusions du cœur et de là, il nous conduit au commencement de la voie qui mène à la perfection. Pour suivre cette voie, prudence et vigilance sont nécessaires : la prudence sera le frein au triomphe de la luxure, et la vigilance permettra le contrôle de tous les mouvements de l’âme. Tel est le sens de la Taqwâ ( la piété et le crainte révérencielle de Dieu) : la maîtrise de soi-même.

En réalité, la Taqwâ est une fonction du cœur et un effort volontaire où l’on trouve tous les éléments de la prudence, de la vigilance et de la crainte de Dieu. Le Prophète, paix et bénédictions de Dieu sur lui, montrait sa poitrine disant : "Ici est le siège de la Taqwâ (la piété)". Selon Abû Sulaymân Ad-Dârânî : "Al-Muttaqûn (les hommes pieux) sont ceux à qui Dieu a purifié le cœur de la luxure ". En effet, dès que l’on arrache du cœur de l’homme le masque de la luxure, ses actions seront faites pour l’amour de Dieu, ses paroles adressées à Dieu et il remet son destin à la Volonté de Dieu. Telle serait la voie vers la perfection.

On demanda un jour à Al-Bustânî de définir l’homme pieux. Il répondit : "C’est celui qui s’adresse à Dieu dans la détresse et qui en agissant, agit pour Dieu ". Pour Ubayy Ibn Kacb, la Taqwâ signifiait " la prudence éveillée ". Un jour, cUmar [Ibn al-Khattâb] lui demanda de la définir. Il lui répondit :

- Avez-vous déjà suivi une route couverte d’épines ?
- Oui, répondit cUmar.
- Qu’avez-vous fait ? demanda Ubayy.
- J’ai agi avec prudence, répondit cUmar.
- Telle est la Taqwâ, dit-il.

P.-S.

Ouvrage publié par le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques d’Égypte, 1993. Quelques adaptations sont faites par Islamophile.org.

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