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L’effet curatif des versets coraniques

dimanche 20 novembre 2005

Question

Est-il acceptable pour un malade de porter des inscriptions coraniques ou de les dissoudre dans l’eau en guise de remède ?

Réponse de Sheikh `Atiyyah Saqr

Que le Coran soit un remède, cela ne fait point de doute en vertu de Sa Parole — Exalté soit-Il — : « Nous révélons dans le Coran une guérison et une miséricorde pour les croyants. » [1] et Sa Parole : « Dis, ô gens, une morale vous est parvenue de votre Seigneur ainsi qu’une guérison pour les cœurs. » [2] De nombreux savants pensent que la guérison mentionnée dans ces versets concernent à la fois les maladies mentales, spirituelles, physiques et corporelles, car rien ne s’y oppose.

Le Coran soigne la raison et la croyance. Il éduque l’esprit et lui confère la paix et la quiétude. Il rectifie le comportement grâce aux bonnes manières. Il guérit les tares et les maladies qui touchent le corps.

Al-Bukhârî et Muslim rapportèrent le récit du seigneur d’une cité qui s’était fait piquer (par un scorpion). Des musulmans lui firent la roqyah à l’aide de la sourate Al-Fâtihah et Dieu le guérit. Ces derniers touchèrent un salaire pour ce geste, salaire approuvé par le Prophète — paix et bénédictions sur lui — qui dit : « La chose pour laquelle vous mériteriez le plus un salaire c’est bien le Livre de Dieu — Exalté soit-Il —. » Le récit est consultable intégralement dans Zâd Al-Ma`âd d’Ibn Al-Qayyim, volume 3, page 121. [3] De plus, Ibn Mâjah rapporta dans ses Sunan, d’après `Alî, que le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — dit : « Le Coran est le meilleur remède » et expliqua très clairement l’effet curatif du Coran ; le lecteur peut s’y reporter à loisir.

Certains savants sont d’avis que la faculté curative du Coran ne concerne pas les maladies corporelles, se fondant sur la parole du Prophète — paix et bénédictions sur lui — selon laquelle toute maladie possède un remède sauf la mort et le vieillissement, et il ordonna que l’on se soigne chez les médecins tels que Al-Hârith Ibn Kaladah, tout comme il prescrivit des remèdes comme la phlébotomie (al-fasd), la saignée (al-hijâmah), manger du miel, et d’autres recettes que l’on trouve détaillées dans l’ouvrage d’Ibn Al-Qayyim intitulé At-Tibb An-Nabawî (La médecine prophétique).

À vrai dire, il est nécessaire de se soigner auprès des spécialistes, comme le Coran nous l’enseigne en nous invitant à consulter les détenteurs du savoir et en nous ordonnant de nous instruire et de faire profiter autrui de notre instruction. En même temps, nous croyons en la faculté curative du Coran au plan mental et psychologique. De plus, As-Suyûtî mentionna certains aspects de la faculté curative du Coran et sa qualité de remède universel, dans Al-Itqân, volume 2, page 163. Il rapporta le hadîth d’Ibn Mâjah selon Ibn Mas`ûd stipulant : « Usez des deux remèdes, le miel et le Coran » [4] et aussi le hadith rapporté par Al-Bukhârî et Muslim concernant le seigneur de la cité piqué (par un scorpion) et le fait qu’il fut soigné par la récitation de la sourate liminaire. Il mentionna également le hadith rapporté par At-Tabarânî selon `Alî relatant que : « Un scorpion piqua le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Il demanda qu’on lui apportât de l’eau et du sel dont il frotta la piqûre en récitant les sourates Al-Kâfirûn et les deux sourates préservatrices. » As-Suyûtî cita An-Nawawî dans Sharh Al-Muhadhdhab : « Concernant la pratique consistant à inscrire le Coran dans un récipient, puis à le rincer et à donner à boire au malade l’eau du rinçage, Al-Hasan Al-Basrî, Mujâhid, Abû Qulâbah et Al-Awzâ`î n’y virent aucun mal, tandis que An-Nakh`î jugea cela détestable précisant : “Selon notre école juridique — shâfi`ite —, il n’y a pas de mal en cela.” Az-Zarkashî dit : “Parmi ceux qui pensent que le recours au récipient est permis, il y a Al-`Imâd An-Nîhî qui déclara cependant qu’il n’était pas permis d’avaler une feuille comportant des versets.” Mais Ibn `Abd As-Salâm s’opposa aussi au fait de boire cette eau, car elle entrerait en contact avec les impuretés qui se trouvent à l’intérieur du corps, mais cela est discutable. »

En résumé, nous avons passé en revue l’avis des savants stipulant qu’il est permis de se soigner par la récitation du Coran. Cette récitation est bénéfique, par la volonté de Dieu, notamment lorsque la personne qui récite est pieuse et qu’on peut espérer profiter de sa bénédiction, ou que le récitateur invoque Dieu en faveur du malade après avoir récité le Coran car cela est de nature à favoriser l’exaucement des invocations. Nous avons vu également que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a mis en œuvre des moyens matériels en plus de la récitation de Coran pour se soigner de la piqûre du scorpion. Enfin, nous avons exposé les divergences qui séparent les savants concernant l’inscription du Coran dans un récipient et l’ingurgitation de l’eau du rinçage en guise de remède, entre ceux qui l’autorisent et ceux qui s’y opposent, tout en veillant à ce que le Coran ne soit pas exposé à des impuretés ni souillé.

P.-S.

Traduit de l’arabe de la banque de fatwâ d’Al-Azhar, alazhr.org.

Pour information, le lecteur peut également se reporter à un éclairage différent de cette question par Sheikh Jâd Al-Haqq `Alî Jâd Al-Haqq.

Notes

[1Sourate 17, Al-Isrâ’, Le voyage nocturne, verset 82.

[2Sourate 10, Yûnus, Jonas, verset 57.

[3On trouve ce récit dans Sahîh Al-Bukhârî, dans le chapitre de la médecine et dans Sahîh Muslim dans le chapitre des salutations. NdT.

[4Ce hadîth figure dans les Sunan d’Ibn Mâjah dans le chapitre de la médecine.

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