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Le Mausolée d’As-Sayyidah Ruqayyah 527 A.H. (1133 E.C.)

dimanche 19 septembre 2004

Le Mausolée de Dame Ruqayyah, la fille de `Alî Ibn Abî Tâlib, est l’un des tombeaux les plus illustres d’Égypte. Il fut construit en 527 A.H. (1133 E.C.) sous le règne d’Al-Hâfidh Li-Dîn Allâh, huitième Calife fâtimide d’Égypte. Tout ce qui nous en reste est la salle orientale de l’édifice.

Elle est composée d’un porche, dont les arches sont soutenues par des paires de colonnes de marbre. À l’arrière du porche se trouve une porte menant vers une alcôve de forme carrée, dominée par un dôme et située en face du mihrâb. Le dôme à nervures repose sur un tambour octogonal. L’alcôve est flanquée sur ses côtés gauche et droit de petites extensions, avec un mihrâb dans chacune d’entre elles. Le dôme à nervures apparut pour la première fois en Égypte sur le tombeau de Dame `Âtikah, au début du VIe siècle hégirien (XIIe siècle ap. J.-C.), puis plus tard, sur les tombeaux d’Ash-Shabîhî et de Dame Ruqayyah.

Le tambour repose sur quatre pendentifs, chacun d’entre eux étant constitué de trois niches surmontées d’une quatrième niche. On retrouve la même architecture que dans le dôme d’Al-Ja`farî, de `Âtikah ou de Sheikh Yûnus qui est situé à l’extérieur de la Porte d’An-Nasr. Ce dernier dôme fut sans doute construit par Badr Al-Jamâlî vers 480 A.H. (1087 E.C.). De ce fait, on peut le considérer comme la première étape de l’évolution des pendentifs en stalactites, qui remplacèrent les niches simples utilisées dans les Mosquées d’Al-Hâkim ou d’Al-Juyûshî.

Le développement de cet élément décoratif devint plus tard une caractéristique marquante de la période mamelouke, où des pendentifs en stalactites de différentes formes et de plusieurs rangées étaient utilisés. La pièce maîtresse du Mausolée de Dame Ruqayyah est son mihrâb principal, un chef-d’œuvre de la décoration en stuc. Il s’agit d’une niche, recouverte d’une sorte de coquille, dont les nervures sont issues d’un médaillon, et qui est décorée au centre par le mot « `Alî », entouré d’une répétition du mot « Muhammad ». Les nervures se terminent à la lisière des arches par des motifs évoquant des stalactites. Les écoinçons sont décorés de beaux dessins ; au-dessus d’eux se déroule une bande d’inscriptions coufiques de surface courbée. Et couronnant le tout, on a une bande de motifs entrelacés. Au milieu du tombeau, et en face du mihrâb, il y a un cénotaphe en bois sur lequel sont sculptés en relief de beaux dessins et des inscriptions coufiques, comprenant des versets du Coran ainsi que la date de sa construction : 533 A.H. (1138 E.C.).

Ce mausolée fut doté vers 549 - 555 A.H. (1154 - 1160 E.C.) d’un mihrâb transportable, en bois, richement décoré et sur lequel il y a de magnifiques inscriptions. Ce mihrâb est actuellement préservé au Musée de l’Art Arabe, avec deux autres mihrâbs en bois, l’un ayant été construit vers 533 - 541 A.H. (1137 - 1145 E.C.) pour le Mausolée de Dame Nafîsah, et l’autre sur ordre d’Al-Âmir Bi-Ahkâm Allâh, septième Calife fâtimide, pour la Mosquée Al-Azhar en 519 A.H. (1125 E.C.).

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Le Mausolée d’As-Sayyidah Ruqayyah - Façade

P.-S.

Traduit de l’anglais du site Alazhr.org.

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