Français | عربي | English

Accueil du site > Le Prophète Muhammad > La Sîrah > En Compagnie de l’Élu > 025. La grande bataille de Badr (1)
En Compagnie de l’Élu

La grande bataille de Badr (1)

mardi 29 mai 2007

Les Émigrés n’étaient point du genre à vivre au crochet de leur frères Ansârites quand bien même ces derniers avaient-ils partagés avec eux, de gaîté de cœur, leurs maisons et leurs biens, faisant même preuve d’abnégation envers eux. Il était néanmoins indispensable pour eux de trouver un moyen de récupérer les biens et les avoirs qu’ils furent obligés de laisser derrière eux à La Mecque. Pour ce faire, il n’y avait qu’une seule façon, à savoir s’emparer des caravanes commerciales de Quraysh qui passaient non loin de Médine sur la route reliant la Syrie. Par ailleurs, le combat armé contre les tortionnaires qui contraignaient les gens à abjurer leur religion et obstruaient le sentier de Dieu venait d’être institué suite à l’expédition de `Abd Allâh Ibn Jahsh au cours de laquelle les Musulmans avaient saisi une caravane de Quraysh. Cet événement eut une influence importante sur la décision d’intercepter la caravane conduite par Abû Sufyân à son retour de Syrie. C’est pourquoi, à l’approche de sa date de retour, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dépêcha Talhah Ibn `Ubayd Allâh et Sa`îd Ibn Zayd pour recueillir des renseignements à son sujet. Arrivés à Al-Hawrâ’, ils localisèrent la caravane de Quraysh et s’en retournèrent à Médine de toute urgence pour en informer le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Celui-ci était parti sans attendre leur retour car les nouvelles de la caravane lui étaient parvenues par ailleurs. C’était une caravane importante où tous les notables de Quraysh avaient investi beaucoup d’argent. Il n’était donc pas question de laisser passer cette chance comme cela s’était produit sur le chemin de l’aller en direction de la Syrie. Il invita donc les gens à prendre part à cette expédition. Certains le suivirent et d’autres non.

De son côté, apprenant que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — était sorti l’intercepter, Abû Sufyân changea d’itinéraire et emprunta la route littorale. Il força la marche loin de l’itinéraire habituel et dépêcha un émissaire à Quraysh les avisant de voler au secours de leur argent. Arrivé à Quraysh, l’homme fendit sa chemise et hurla de toutes ses forces : « Misère ! Misère ! Votre argent confié à Abû Sufyân a été intercepté par Muhammad et ses compagnons. Au secours ! Au secours ! » Abû Jahl s’empressa de harenguer les Quraysh, ce qui n’était guère nécessaire vu qu’ils avaient tous investi un peu d’argent dans cette caravane. Ils saisirent armes et équipements ; nul homme capable de porter les armes ne resta derrière, à l’exception de Abû Lahab qui se fit remplacer. Entre neuf cents et mille combattants étaient sortis du côté des Polythéistes. De son côté, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — était accompagné de trois cent cinq hommes, dont quatre-vingt-deux Émigrés, soixante et un du clan des Aws et le reste du clan des Khazraj. Ils disposaient de soixante-dix chameaux qu’ils montaient à tour de rôle. Cela se passait le 8 Ramadan de l’an 2 de l’hégire.

Lorsque le Prophète — paix et bénédictions sur lui — apprit que les Quraysh étaient sortis guerroyer, il consulta les gens en sa compagnie. Abû Bakr prit la parole ; `Umar s’exprima à son tour. Al-Miqdâd Ibn `Amr se leva et dit : « Ô Messager d’Allâh. Poursuis donc l’objectif qu’Allâh t’aura montré, nous sommes avec toi. Par Allâh, nous ne te dirons pas ce que les Enfants d’Israël ont dit à Moïse : "Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous restons là où nous sommes." Au contraire, nous te dirons : "Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous combattrons avec vous." » [1] Les gens se turent. Le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — dit : « Ô gens, désignant les Ansarites, conseillez-moi. » Sa`d Ibn Mu`âdh dit alors : « Il me semble que ta question nous est adressée, ô Messager d’Allâh. » « Oui », confirma-t-il. Sa`d dit : « Nous avons cru en toi et souscrit à ton message. Nous avons attesté que ce que tu as apporté est la vérité et nous nous sommes engagés à t’écouter et à t’obéir. Poursuis donc l’objectif que tu veux, nous sommes avec toi. Par Celui Qui t’a envoyé, si tu partais en direction de cette mer et que tu entreprenais de la traverser nous la traverserions avec toi, sans qu’un seul homme parmi nous ne reste derrière. Nous ne détestons guère d’aller avec toi confronter l’ennemi. Nous sommes patients dans la guerre, sincères lors de l’affrontement. Qu’Allâh fasse que nous te donnions un beau spectacle, mène-nous donc avec la bénédiction d’Allâh. » Le visage resplendissant, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit : « Marchez et recevez la bonne nouvelle ! Allâh m’a promis l’une des deux troupes ; c’est comme si je voyais déjà les gens passer à trépas. » [2] Ils marchèrent donc tous jusqu’à ce qu’ils eurent atteint les environs des puits de Badr. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — envoya en éclaireurs `Alî Ibn Abî Tâlib, Az-Zubayr Ibn Al-`Awwâm et Sa`d Ibn Abî Waqqâs aux puits de Badr à la tête d’une petite dizaine d’hommes. Ils apprirent que les Quraysh étaient positionnés derrière le mont d’Al-`Udwah Al-Quswâ et qu’un jour ils égorgeaient neuf chameaux et que le jour suivant ils en égorgeaient dix pour leur alimentation. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — en déduisit qu’ils étaient entre neuf cents et mille hommes. Il dit à ses Compagnons : « Voici que La Mecque vous a envoyé le fleuron de ses enfants... »

P.-S.

Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yâsîn Rushdî, Fî Rihâb Al-Mustafâ (En Compagnie de l’Élu), disponible au format PDF sur le site Mouassa.org.

Notes

[1] Rapporté par Ahmad dans le Musnad des Coufis.

[2] Conférer la Sîrah d’Ibn Hishâm.

Répondre à cet article



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP |
© islamophile.org 1998 - 2008. Tous droits réservés.

Toute reproduction interdite (y compris sur internet), sauf avec notre accord explicite. Usage personnel autorisé.
Les opinions exprimées sur le site islamophile.org sont celles de leurs auteurs. Exprimées dans diverses langues étrangères, ces opinions sont mises à la portée des lecteurs francophones par nos soins, à des fins d'information, de connaissance et de respect mutuels entre les différentes cultures et religions du monde.