Français | عربي | English

Accueil > Architecture islamique > L’architecture islamique en Egypte, sous les Mamelouks 648-923 A.H. (...) > L’Hospice du Sultan Baybars Al-Jâshankîr 709 A.H. (1310 E.C.)

L’Hospice du Sultan Baybars Al-Jâshankîr 709 A.H. (1310 E.C.)

samedi 27 novembre 2004

Baybars Al-Jâshankîr était un esclave d’Al-Mansûr Qalâwûn, qui l’avait acheté quand il était jeune homme et lui conféra le titre d’Émir en faisant de lui un jâshankîr, c’est-à-dire un goûteur chargé de s’assurer que la nourriture présentée au Sultan était saine. Plus tard, sous le règne d’An-Nâsir Muhammad Ibn Qalâwûn, il devint ustadâr, c’est-à-dire intendant du Sultan. Il demeura à cette fonction jusqu’en 708 A.H. (1309 E.C.), date à laquelle il s’empara du pouvoir suite à la destitution d’An-Nâsir Muhammad. Il choisit alors le titre de « Roi Victorieux, Al-Malik Al-Mudhaffar ». Son règne ne dura pas bien longtemps puisqu’il fut assassiné un an plus tard en 709 A.H. (1310 E.C.).

La mosquée fait partie intégrante de l’hospice que Baybars commença à construire en 706 A.H. (1306 E.C.), avant de devenir souverain, et qu’il termina en 709 A.H. (1309 E.C.). Son œuvre inclut également un dôme au-dessus de sa tombe. Près de l’hospice, il construisit une aire de repos pour les voyageurs à laquelle on accède de l’intérieur. Il construisit son hospice sur les ruines de vieux bâtiments administratifs qui avaient été érigés par le Vizir fâtimide Al-Afdal Shâhinshâh.

L’entrée de l’hospice, située avenue Al-Jamâliyyah, mène vers un vestibule flanqué de deux portes à sa gauche. La première porte ouvre sur un corridor donnant accès au mausolée ; la seconde ouvre sur un corridor donnant accès à la cour intérieure de la mosquée, qui possède une salle à chacune de ses deux extrémités. La salle la plus grande, celle de la qiblah, est recouverte d’une voûte en berceau, avec un conduit d’aération de chaque côté. L’autre salle est également recouverte d’une voûte, avec là aussi à l’extrémité ouest, un conduit d’aération. Les deux côtés de la cour intérieure sont occupés par des cellules, au-dessus desquelles il y a des chambres dont les fenêtres ouvrent sur la cour. Au centre de chacun des deux côtés, il y a un endroit pour faire la prière.

Le mausolée est pavé de marbre noir et blanc, et un lambris de marbre coloré est surmonté par une bande d’inscriptions en bois contenant des versets du Coran. On peut voir également un imposant mihrâb, de taille similaire à celui du Mausolée de Qalâwûn, bien que de moindre magnificence. Le lambris en marbre contient de nombreuses armoires encastrées. Certaines d’entre elles forment seulement une ouverture dans le mur permettant d’aérer la salle ou de l’éclairer. La coupole repose sur des pendentifs constitués de quatre rangées de stalactites, alternant avec quatre ensembles de fenêtres en stuc percé, décorées de verre coloré. Du côté ouest, le mausolée est précédé d’une salle recouverte avec un jour placé au centre. Le mausolée est séparé de la salle par un treillis en bois formant un écran, sur la porte duquel il y a une inscription portant le nom du fondateur et la date de fin de construction de l’hospice : 709 A.H..

Bien qu’une grande attention ait été portée à la décoration intérieure du dôme, son apparence extérieure demeure assez simple, ressemblant ainsi au dôme d’As-Sâlih Najm Ad-Dîn. La façade est constituée de l’entrée de l’hospice et d’un flanc du mausolée. L’entrée est surplombée d’une arche semi-circulaire à voussoirs cubiques, le portail d’entrée étant placé en retrait dans un renfoncement. L’entrée est en outre revêtue de marbre blanc, et est recouverte de cinq rangées de stalactites. La porte à deux battants est flanquée de niches surmontées d’une inscription contenant des versets du Coran. Elle est doublée de plaques de cuivre formant des figures géométriques sur lesquelles sont gravés et percés de beaux dessins. Des bandes d’inscriptions comportant le nom du fondateur de l’hospice peuvent être lues en haut et en bas de la porte. Le côté intérieur de la porte est divisé en panneaux décorés de beaux dessins gravés dans le bois.

La partie saillante de la façade, correspondant au mausolée, est divisée en trois parties : un grand renfoncement flanqué de deux autres plus petits. Le renfoncement du milieu possède quatre rangées de stalactites à son sommet et une grande grille métallique au niveau du sol, remplaçant celle dont on dit qu’elle fut rapportée en Égypte du Palais du Calife `abbâside de Bagdad, durant la période fâtimide. Sur la longueur de la façade, s’étale une bande d’inscriptions, gravée dans la pierre, comportant des versets du Coran et le nom du fondateur de l’hospice, où manque toutefois le titre « Roi ». Le mot avait en effet été supprimé sur ordre d’An-Nâsir Muhammad, lorsqu’il reprit le trône d’Égypte, après l’assassinat de Baybars. La façade est couronnée d’une crête à échelons.

Le minaret s’érige derrière l’entrée. Il est de type mabkharah, qui est un genre ayant été adopté vers la fin du VIIe et le début du VIIIe siècles hégiriens. Le premier étage du minaret a une base carrée et se termine par de nombreuses rangées de stalactites soutenant la galerie. Le deuxième étage est cylindrique et se termine par une corniche de stalactites. Le troisième étage, cylindrique également, est recouvert d’un dôme à nervures, qui avait été à l’origine décoré par de la faïence, chose qui n’a été découverte que tardivement. Il s’agit là du premier exemple d’un haut de minaret ainsi décoré.

JPEG - 81.5 ko
L’Hospice du Sultan Baybars Al-Jâshankîr - Façade principale et entrée

P.-S.

Traduit de l’anglais du site d’Al-Azhar.

Répondre à cet article



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP |
© islamophile.org 1998 - 2018. Tous droits réservés.

Toute reproduction interdite (y compris sur internet), sauf avec notre accord explicite. Usage personnel autorisé.
Les opinions exprimées sur le site islamophile.org sont celles de leurs auteurs. Exprimées dans diverses langues étrangères, ces opinions sont mises à la portée des lecteurs francophones par nos soins, à des fins d'information, de connaissance et de respect mutuels entre les différentes cultures et religions du monde.