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La guerre en Irak... Ses causes, ses objectifs et la position de l’Islam

samedi 29 mars 2003

Ce texte est le premier volet du sermon du vendredi prononcé par le Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî le 7 mars 2003 au Qatar, le second volet étant consacré aux invocations.

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Je m’oppose à toute guerre d’agression contre quelque peuple que ce soit, que cette guerre soit menée par les Etats-Unis ou par un autre pays.

Depuis que mes pieds ont foulé le sol qatari il y a quarante-deux ans, j’ai pu dire tout ce que je voulais et nul ne m’a empêché de dire la vérité.

Tout ce qui se passe actuellement dessert en réalité l’objectif majeur qu’est la réalisation des desseins expansionnistes de l’État sioniste : du Nil jusqu’à l’Euphrate et du cèdre jusqu’aux dattes.

Que Dieu salue les Turcs qui ont refusé des milliards de dollars en refusant que leur territoire soit le point de départ des armées américaines, et ce contrairement aux Arabes qui offrent leur aide gratuitement.

Il n’est pas permis que les accords et les décisions autorisent une agression contre un pays musulman. Et si une telle clause existe, elle est illégitime.

Introduction

Louanges à Dieu. Nous le louons, implorons Son aide et Sa guidance. Nous cherchons protection auprès de Lui des maux de nos âmes et des péchés de nos actions. Quiconque Dieu guide ne saurait être égaré, et quiconque Il égare ne saurait trouver le moindre guide. J’atteste qu’il n’y a de Dieu que Dieu, Seul, sans associé. Il nous a distingués par le meilleur Livre descendu du Ciel, nous a honorés par le meilleur Prophète envoyé aux hommes, nous a comblés du bienfait de la plus grande voie jamais légiférée, la voie de l’Islam. « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous. » [1] Tout comme j’atteste que notre Maître, notre Imâm, notre Modèle, notre Bienaimé, notre Instructeur, le Guide de nos pas Muhammad Ibn `Abd Allâh s’est acquitté de sa tâche, nous a transmis son message, a conseillé la Communauté, a lutté pour la Cause de Dieu de la meilleure manière qui soit et nous a laissés sur la Blanche Voie, dont la nuit est comme le jour, et dont ne s’écarte qu’un homme perdu. Quiconque obéit à Dieu et à Son Messager aura trouvé son chemin et quiconque désobéit à Dieu et à Son Messager ne se fera du tort qu’à lui-même et ne saurait faire du tort à Dieu. « Si vous faites le bien, vous le faites à vous-mêmes ; et si vous faites le mal, vous le faites à vous-mêmes également. » [2] ; « Quiconque fait une bonne œuvre, c’est pour son bien. Et quiconque fait le mal, il le fait à ses dépens. Ton Seigneur, cependant, n’est point injuste envers les Serviteurs. » [3] Ô Dieu, adresse Tes Salutations et Tes Bénédictions à ce Noble Messager, à sa Famille et à Ses Compagnons. Ô Dieu, fais nous vivre selon sa Tradition et fais nous mourir sur sa Religion. Ressuscite-nous parmi les siens, avec ceux que tu as comblés de Tes Bienfaits, parmi les Prophètes, les véridiques, les martyrs et les pieux, et quels meilleurs compagnons que ceux-là !

Seule ma maladie m’a empêché de prononcer le sermon du vendredi

Chers frères musulmans, depuis le dernier vendredi du mois de Sha`bân, je n’ai pas pu monter sur cette chaire. D’habitude, lorsque je m’absente pendant quelque temps de la chaire pour une raison ou pour une autre, les gens commencent à croire au pire, à se faire des illusions et à répandre des rumeurs. Certains ont ainsi raconté dernièrement que j’ai été empêché de monter sur cette chaire à cause de la situation délicate que nous traversons ces jours-ci. J’aimerais vous dire ce que j’ai déjà dit auparavant : depuis que mes pieds ont foulé le sol qatari il y a quarante-deux ans, j’ai pu monter sur les chaires pour prononcer mes sermons, j’ai pu prendre place dans les réunions pour donner mes leçons et j’ai pu faire mes conférences au sein des organisations. J’écris pour les journaux, je parle à la radio, j’anime des programmes à la télévision. J’ai pu dire tout ce que je voulais selon ce que m’indique ma religion et ma conscience. Je m’intéresse systématiquement aux questions publiques du point de vue de ma formation, de ma mission et de ma compréhension de l’Islam, de manière à la fois globale et intégre, du point de vue aussi bien dogmatique que juridique, sur un plan aussi bien religieux que profane, aussi bien selon les angles de la prédication que ceux de la politique, et ce, grâce à ma foi en la mission que se voit incomber le savant musulman, et en son rôle pour réveiller les masses, les éclairer et leur faire prendre conscience des grands défis que doit relever l’Islam, afin que ces masses ne demeurent pas isolées du monde et de la responsabilité qui est la leur. Malgré tout cela, nul ne m’a dit un jour au Qatar : « Ne dis pas ceci ou dis cela. Tu as dépassé tes limites en ceci ou tu as exagéré en cela. » Non, par Dieu. J’ai vu passer trois Émirs au Qatar. Jamais l’un d’eux ne m’a dit cela. Il devait certainement y avoir de tierces parties qui exerçaient sur eux des pressions mais jamais ils ne m’ont dit quoi que ce soit. Je dis cela par impartialité et pour l’Histoire.

Certains frères ont dit que le Sheikh n’a pas été sommé de cesser ses sermons mais que lui-même a décidé, en quittant la chaire de son plein gré, de ne pas s’embarrasser dans une telle situation délicate. J’aimerais dire à ces frères bienaimés : depuis que je suis monté sur la chaire pour la première fois de ma vie lorsque j’avais dix-sept ans, dans mon petit village, il y a aujourd’hui soixante ans, j’ai pris l’engagement devant moi-même et devant Dieu de ne jamais dire sur cette chaire que la vérité, sans craindre le blâme d’aucun blâmeur ni la revanche d’aucun oppresseur. Mon slogan est le verset coranique suivant : « Ceux qui communiquent les messages de Dieu, Le craignent et ne redoutent nul autre que Dieu. Et Dieu suffit pour tenir les comptes. » [4] Combien de discours ai-je prononcés avant de venir au Qatar ? Avant le Qatar, combien mes discours m’ont-ils coûté dans les prisons et dans les camps de concentration ? Mais je remercie Dieu car tout cela n’a pas maté ma détermination ni ne m’a fait baisser le front. Je persisterai toute ma vie à ne dire que la vérité. De toute manière, nul n’a le pouvoir de faire avancer le jour de ma mort ni de me couper ma subsistance. Les subsistances sont en effet déjà partagées et les échéances sont d’ores et déjà fixées. Dieu ne retardera pas l’échéance d’une âme si celle-ci est arrivée.

Chers frères, par Dieu, seule la maladie m’a empêché d’être parmi vous. Depuis le milieu du mois de Ramadân, ma douleur au niveau du genou gauche s’est intensifiée et elle m’a empêché pendant quelques jours d’accomplir ma prière. Je me suis donc retiré de la mosquée pendant quelque temps au cours du Ramadân et j’ai achevé le mois en effecuant mes prières nocturnes assis. Depuis plus d’un mois, la douleur est allée de pis en pis, jusqu’à m’amener à ne pouvoir prier que par des gestes symboliques. J’ai accepté de prononcer mon sermon assis, bien que je n’ai jamais été habitué à le faire. Mais la nécessité s’impose.

Ma position vis-à-vis de la question irakienne est celle de l’Islam

Chers frères bienaimés, nous vivons une situation difficile,

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Manifestations au Japon contre la guerre en Irak

une ère décisive, des minutes terrifiantes dans l’Histoire de la Communauté. Le long de ces minutes, nous ne pouvons qu’essayer de faire prendre conscience à notre Communauté des responsabilités qui lui incombent. Aujourd’hui, nous parlerons de la question irakienne, qui est en réalité la question des Arabes, la question des Musulmans, la question des pays non-alignés, la question de toutes les personnes libres et honnêtes de par le monde entier. L’Europe elle-même s’est levée pour refuser la guerre, pour refuser l’agression contre l’Irak. Quinze millions de personnes à travers l’Europe, principalement dans les pays dont les gouvernements soutiennent les États-Unis dans leur agression, en Grande-Bretagne, en Italie et en Espagne, des millions de personnes sont descendues dans les rues pour réclamer : « Non à la guerre ! Non à l’agression ! » Je pense que nous, Musulmans, et que nous, Arabes, sommes les plus dignes de dire : « Non à la guerre ! Non à l’agression ! » Quelqu’un m’a demandé : « Quelle est votre position face à cette question ? » Mes frères, j’ai déjà affirmé ma position. Je ne l’ai pas dissimulée ni n’ai jamais retenu ma langue pour la déclarer. J’ai affirmé ma position à plusieurs reprises dans l’émission d’Al-Jazîrah, Ash-Sharî`ah Wal-Hayâh (La Législation islamique et la vie), je l’ai affirmée

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Manifestations à Londres contre la guerre en Irak

dans les journaux tout comme je l’ai affirmée aux médias en Grande-Bretagne et dans d’autres pays européens. J’ai affirmé ma position à des journalistes américains qui m’ont rendu visite ici-même au Qatar et qui m’ont également posé la question. Ma position est donc claire et nul ne l’ignore, explicite et n’a nul besoin d’être dissimulée. Car ma position ne peut être que celle de l’Islam. Quelle est la position de l’Islam vis-à-vis de cette question ? Quelqu’un ignore-t-il cette position ? L’ensemble des juristes de quelque école juridique qu’ils soient, disent de concert : si un mécréant attaque un territoire musulman, alors tous les habitants de cette contrée doivent sortir et se mobiliser pour résister et chasser l’ennemi de leurs terres. Il s’agit là d’une obligation individuelle concernant tous les habitants, hommes et femmes. Quiconque est apte à résister doit résister. Les juristes sont même d’avis que dans cette situation, les droits individuels peuvent être abandonnés, de telle sorte que la femme peut sortir combattre sans l’accord de son époux, que le fils peut sortir combattre sans l’accord de son père, que le serviteur peut sortir combattre sans l’accord de son maître. Car les droits collectifs et communautaires passent devant les droits individuels. Par ailleurs, nulle obéissance à une créature dans la désobéissance au Créateur. Les habitants de cette région doivent donc résister à l’ennemi, aussi bien avec des armes légères que lourdes, luttant par leurs biens et leurs personnes dans le Sentier de Dieu. S’ils parviennent à chasser leur ennemi et à lui faire rebrousser chemin, telle sera l’issue de la guerre. Sinon, l’obligation est reportée sur leurs voisins musulmans qui doivent s’associer aux premiers et résister contre l’ennemi de toutes les forces humaines, financières et militaires dont ils disposent, de telle sorte qu’ils ne forment plus qu’un seul groupe uni dans la lutte contre les assaillants occupants. Si ces voisins eux-mêmes ne réussissent pas, l’obligation est encore reportée sur les voisins de ces voisins puis sur les voisins des voisins des voisins, jusqu’à ce que cette obligation englobe tous les Musulmans. L’idée en est que la Communauté islamique, d’Ouest

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Manifestations en Occident en faveur de l’Irak

en Est, la Communauté d’"Il n’y a de Dieu que Dieu et Muhammad est le Messager de Dieu", la Communauté du Coran, la Communauté de Muhammad, cette Communauté est une. Les Musulmans sont engagés envers le moindre parmi eux et sont tous solidaires face aux autres. Les croyants sont frères. Ils ne sauraient être séparés par la langue, par l’origine géographique, par l’ethnie ou par la couleur de peau. Tous les Musulmans forment une seule et même Communauté. Tous sont les frères les uns des autres. Et c’est pour cette raison que les uns et les autres doivent mutuellement se soutenir, s’entraider et se secourir. C’est à ce sujet que le Prophète - paix et bénédiction sur lui - a dit : « Le Musulman est le frère du Musulman. Il ne l’opprime pas, ne l’abandonne pas et ne le trahit pas. » Cela signifie que le Musulman n’a pas le droit d’abandonner son frère à l’ennemi. Si on regarde sans rien faire son frère musulman entrain de se faire attaquer sur son propre territoire, on l’aura très certainement abandonné et trahi. Secours ton frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé [5]. Telle est la signification de la fraternité islamique. Les juristes sont même allés jusqu’à dire que si une femme est faite prisonnière à l’Est et que les gens de l’Est ne sont pas parvenus à la libérer, il devient obligatoire pour les gens de l’Ouest de le faire. Car l’Est et l’Ouest forment une seule et même Communauté qui ne saurait être divisée en Est et en Ouest, ni en Nord et en Sud. La Communauté islamique forme une seule et même Communauté.

L’Islam forme une seule Communauté

Avez-vous vu lorsque les Croisés sont entrés en Palestine il y a de cela des siècles et qu’ils y ont érigé des royaumes et des États, grâce entre autres à la trahison des vils et des hypocrites dirigeants musulmans de ces temps-là ? Des frères à nous, non-Arabes, des Turcs et des Kurdes, `Imâd Ad-Dîn Zinkî, le Martyr Nûr Ad-Dîn Mahmûd et son disciple le Kurde Salâh Ad-Dîn Al-Ayyûbî (Saladin) ont été ceux qui ont volé au secours de leurs frères arabes. Car c’est l’Islam qui les gouvernait : l’Islam les a arabisés et a arabisé leurs passions, leurs sentiments et leurs idées. L’Islam forme une seule Communauté.

Lorsque le 5 juin 1967, les Juifs sont entrés en Cisjordanie, lorsqu’ils ont détruit l’aviation égyptienne, lorsqu’ils ont perpétrés leurs crimes et qu’ils ont occupé le Golan, ici au Qatar, l’embrigadement militaire a été ouvert pour les volontaires. Savez-vous qui étaient les plus prompts à vouloir partir en Palestine sauver la terre du Voyage nocturne, de l’Ascension et de la Mosquée Al-Aqsâ ? C’étaient nos frères pakistanais, indiens, bengales et autres non-arabes. La Communauté islamique forme une seule et même Communauté. Pour cette raison, ma position est le refus catégorique de cette guerre d’agression. Nous vivons aujourd’hui dans un monde appelant à la paix. Pourquoi donc dans ce cas ces gens prônent-ils la guerre ? Nous sommes contre la guerre, sauf lorsque celle-ci s’impose. L’Islam est favorable à la paix si celle-ci s’instaure. Dieu - Exalté soit-Il - dit : « Et Dieu a épargné aux croyants le combat. » [6] Lorsque la bataille s’est achevée sans effusion de sang, Il dit : « Et Dieu a épargné aux croyants le combat. » Mais dès que la nécessité du combat s’impose, alors combat il y aura : « Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. » [7]

Refus catégorique de toute guerre d’agression

Nous refusons la guerre d’agression. Un jour, un journaliste m’a demandé : « Que pensez-vous de cette guerre ? » J’ai répondu : Je suis opposé à toute guerre d’agression, qu’elle soit le fait des Américains, des Européens, des Arabes ou des Musulmans. Je m’oppose à toute guerre contre n’importe quel peuple. Que dois-je alors penser d’une croisade offensive et criminelle menée par les États-Unis contre un peuple frère, qui nous est lié par les liens de la fraternité, et qui n’a commis ni crime ni agression. Je suis contre cette guerre. Je suis contre toute agression. Je me suis levé contre l’agression irakienne au Koweït, depuis le haut de cette chaire, dès le début de l’offensive. J’ai alors prononcé un discours enflammé que les journaux ont diffusé, que les radios ont relayé. La radio temporaire du Koweït était alors à l’étranger et elle diffusait régulièrement ce discours. Elle n’avait pas encore de programmes à cette époque. Lorsque l’Irak était l’agresseur, nous nous sommes levés contre lui. Mais lorsqu’il est aujourd’hui l’agressé, nous nous lèverons vigoureusement à ses côtés. Nous disons à l’agresseur : Revenez sur vos pas. Nous disons à l’agresseur : Non, nos peuples ne vous accepteront pas. Notre terre ne vous acceptera pas. La terre que vous foulez vous maudira. Les peuples vous cracheront à la figure. Nous disons cela à l’agresseur, quel qu’il soit. Mais pourquoi les États-Unis ont-ils déclenché cette guerre ?

Pourquoi les États-Unis ont-ils déclenché cette guerre mondiale ?

Les États-Unis ont déclenché cette guerre mondiale sous prétexte d’une guerre contre le terrorisme. Ils disent ne pas être contre l’Islam et les Musulmans, mais contre le terrorisme. Ils ont refusé de définir le terrorisme ou même de lui donner une signification unique, afin qu’ils puissent faire rentrer sous cette notion tous les États, toutes les associations, toutes les organisations et tous les individus qu’ils désirent. C’est ainsi qu’ils ont pu faire inscrire dans la liste du terrorisme des organisations militaires qui défendent légitimement leur patrie. Ils ont déclaré terroristes le Jihâd, le Hamas, le Hezbollah, les Brigades d’Al-Aqsâ, les Brigades de Abû `Alî et tous les résistants et groupes islamiques ou nationalistes armés qui résistent contre l’aveugle tyrannie sharono-sioniste, cette tyrannie qui ne fait nullement cas du sang qu’elle répand, des meurtres qu’elle commet, des maisons qu’elle détruit, des mosquées qu’elle endommage ni des champs qu’elle brûle. Les États-Unis gardent le silence devant tout cela, se contentant de regarder Sharon d’un regard attendri, comme s’il s’agissait d’un pauvre démuni, d’une victime opprimée qui se défend face à ces gens qui ne possèdent rien d’autre que leur corps qu’ils font exploser à la face de leur ennemi. Ceux-là ne sont pas des terroristes ! ! Sharon et sa clique criminelle dont nous constatons chaque jour les méfaits n’est pas un terroriste. Lui se défend légitimement. Quant aux organisations de résistance, elles sont de criminelles organisations terroristes. Est-ce là la définition que Mister Bush veut donner du terrorisme ?

Tel est le terrorisme dans la loi de Bush. Les associations caritatives qui œuvrent pour nourrir l’affamé, pour vêtir le dénudé, pour soigner le malade, pour entretenir l’orphelin, pour abriter le sans-abri... Toutes ces associations sont considérées par ces gens comme entrant dans le cadre du terrorisme. Une guerre sans merci leur a été déclarée, toutes les voies leur ont été obstruées de telle sorte qu’elles ne peuvent même plus bouger. Voilà la situation. Ils sont allés voir une association humanitaire internationale au Koweït et ils sont restés pendant vingt-et-un jours à mener leur enquête, documents à disposition. Tout leur a été montré, et, après vingt-et-un jours, ils connaissaient l’identité de chacun des bienfaiteurs qui faisaient des dons à cette association. Et où allaient ces dons ? Ceux-ci pour la construction d’une mosquée, ou pour le creusement d’un puits ; ceux-là pour bâtir une école ou pour construire une route. Les enquêteurs ont finalement reconnu : « Nous n’avons rien trouvé chez vous. » L’association a alors demandé un papier comme quoi les enquêteurs n’avaient rien trouvé. Ces derniers ont refusé : « Non, pas de papier. » Les associations caritatives ne peuvent plus aujourd’hui envoyer leurs dons aux pays où elles travaillent. L’association humanitaire du Qatar s’occupait de près de 25000 orphelins dans divers pays : en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine, en Somalie, etc. Elle ne peut aujourd’hui plus rien envoyer à ces régions. Tout fonds partant pour l’étranger est considéré comme participant au financement du terrorisme. Peu importe si ces pauvres orphelins meurent pour les beaux yeux des Américains. Les États-Unis combattent les œuvres caritatives qui unissaient la Communauté. La Communauté est politiquement déchirée certes, mais elle était humainement et caritativement soudée grâce à ces associations. Ils veulent aujourd’hui arrêter le Collectif Humanitaire qui œuvre dans le but de secourir nos frères en Palestine, nourrissant l’indigent, hébergeant le sans-abri et leur offrant le minimum vital pour qu’ils puissent subsister de manière à peu près décente. Mais eux, non ! Ils ne veulent pas de cela. Ils sont contre toute action humanitaire. Cette guerre n’est pas contre le terrorisme comme ils le prétendent. Ils ont dit que cette guerre avait pour but de détruire les armes de destruction massive que possède l’Irak. Cela est-il vrai ? Supposons que cela soit vrai. L’Irak est-il le seul pays au monde à possèder des armes de destruction massive ? Combien de pays disposent de telles armes ? Combien de pays disposent de l’arme nucléaire ? Mais les États-Unis considèrent qu’eux seuls ainsi que leurs alliés ont le droit de posséder les armes de destruction massive. En dehors d’eux, nul n’a ce droit. Les armes de destruction massive sont licites pour les États-Unis et Israël mais illicites pour les Arabes. Israël, qui possède toutes ces têtes nucléaires et qui possède cet énorme arsenal militaire... Aucun Arabe n’a le droit de possèder le centième de ce que possède Israël.

L’Irak est-il combattu à cause des armes de destruction massive ?

L’Irak possède-t-il des armes de destruction de massive ? Les armes de l’Irak ont été détruites tout au long des dernières années. Les enquêteurs ont auparavant enquêté, puis ils ont encore réenquêté et ont intensifié leurs activités. Qu’ont-ils trouvé ? Ils ont dit n’avoir rien trouvé jusqu’à aujourd’hui. Mais Bush nous a sorti sa nouvelle théorie : L’Irak doit prouver qu’il ne possède pas d’armes de destruction massive. L’accusé doit prouver son innocence. Dans toutes les lois du monde ainsi que dans notre Législation islamique, la preuve doit être apportée par le plaignant et le serment doit être prononcé par le défendeur. Or voici que Bush a sa propre loi : L’accusé est un criminel du moment qu’on l’accuse et il doit prouver qu’il est innocent. Telle est l’inique loi du plus fort.

L’Irak est-il combattu à cause des armes de destruction massive ? Non ! L’Irak est-il combattu parce que Bush éprouve pour les Irakiens une tendresse toute maternelle, les aimant tellement qu’il désire les libérer de la tyrannie de leur dirigeant, Saddâm Husayn ? Ô mon Dieu ! D’où vous vient cette pitié, Monsieur Bush ? N’êtes-vous pas celui qui a soutenu Saddâm par le passé ? C’est vous qui lui avez fourni les armes afin qu’il attaque l’Iran. C’est vous qui lui avez fourni ces armes. C’est vous - et lorsque je dis « vous », j’entends par là les États-Unis - qui lui avez fourni les armes chimiques pour qu’il frappe les Iraniens et pour qu’il frappe les Kurdes à Halabshah. Pourquoi considérez-vous ces armes licites une année puis illicites l’année suivante ? Pire, c’est vous, Américains, qui l’avez poussé à envahir le Koweït. C’est vous qui êtes derrière cette zizanie allumée au sein de cette Communauté. Les États-Unis veulent délivrer l’Irak de l’oppression de Saddâm. Mais pourquoi donc dans ce cas vous taisez-vous face à des dictateurs et à des tyrans sévissant dans nombre de pays arabo-musulmans ? C’est vous qui les soutenez, dans les coulisses et au grand jour, ces dictatures déclarées ou masquées derrière des simulacres de démocraties. C’est vous qui êtes derrière tout cela. Le plus étrange, c’est que l’opposition irakienne croit à cette imposture et pense que les États-Unis vont libérer l’Irak pour leur offrir la gouvernance du pays tel un morceau de chair fraîche ou tel un œuf écalé. Mais ne rêvez pas... Si les États-Unis envahissent ou combattent un pays, ils combattent pour leurs intérêts, non pour les vôtres. Ils combattent pour réaliser leurs objectifs à eux. Mais quels sont ces objectifs ?

Les vrais objectifs de la guerre américaine

Les objectifs des États-Unis sont connus.

  1. S’emparer du pétrole irakien. Ils veulent s’emparer du pétrole tout comme ils s’en sont emparés en Mer Caspienne, et tout comme ils veulent s’emparer de tous les gisements de pétrole dans le monde. Ils agissent donc dans leur propre intérêt. Et cela n’échappe pas aux experts en stratégie.
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    L’armée irakienne

    Les États-Unis veulent détruire toutes les potentialités militaires, matérielles et humaines de l’Irak. Ils n’ont cessé de le poursuivre jusqu’à l’avoir fait tomber dans le piège, afin qu’ils puissent faire accepter cette résolution à la Communauté internationale et aux Arabes en particulier, pour qu’ils puissent détruire les armes de l’Irak. Ils ont détruit les armes de l’Irak et ils continuent à les détruire. Même ce qui n’est pas une arme de destruction massive est détruit. Les missiles As-Sumûd II, par exemple, ne sont pas des armes de destruction massive. Néanmoins, ils les détruisent... Je jure par Dieu qu’à chacun de ces missiles détruits, c’est comme s’ils me brisaient une de mes côtes. Ces missiles ont été élaborés grâce aux cerveaux des enfants de la Communauté et grâce à l’argent des enfants de la Communauté. Comment peuvent-ils être détruits ? Pourquoi ne détruit-on pas les missiles d’Israël et l’arsenal d’Israël ?

    Ils veulent détruire la puissance matérielle de l’Irak, la puissance militaire de l’Irak, la puissance humaine de l’Irak. Il est bien connu que l’Irak s’est constitué une base scientifique humaine tout au long des dernières décennies et ils ne veulent pas que l’Irak dispose d’une quelconque puissance. C’est pour cette raison qu’ils veulent rencontrer et voir les savants. Ils veulent non seulement ôter les armes mais également et surtout ôter les cerveaux, ôter le savoir des cerveaux. Tel est le deuxième objectif.

  3. Le dernier objectif tient au fait que tout cela dessert un objectif ultime. Cet objectif ultime est l’expansion du sionisme et la réalisation des rêves expansionnistes de l’État sioniste : du Nil jusqu’à l’Euphrate et du cèdre jusqu’aux dattes ; de l’Irak jusqu’à l’Égypte et du cèdre du Liban jusqu’aux dattiers de Médine et de Khaybar. Ne dites pas que ce ne sont là que des rêves ou des fantasmes. Avant nous, nous-mêmes d’ailleurs disions que la création d’Israël n’était que rêves et fantasmes. Or voici que ces rêves et ces fantasmes sont devenus bel et bien réels. Tout cela dessert donc le projet du Grand Israël.

Chers frères, lorsque les États-Unis envahissent l’Irak, ils ne l’envahissent pas pour les Irakiens ni pour se débarrasser de Saddâm Husayn. Ils vont se débarrasser de Saddâm pour mettre à sa place un général américain gouvernant le peuple irakien. Tels sont quelques-uns des objectifs des États-Unis dans notre région.

Quelle position devons-nous adopter ?

Quelle position devons-nous adopter ? Le monde entier s’est levé contre cette guerre. Nos sommets arabes et islamiques ainsi que le sommet des pays non-alignés ont clairement dit : Non à la guerre ! La guerre a été catégoriquement refusée. Néanmoins, nous nous attendions de la part des Arabes à quelque chose de plus qu’un simple refus de la guerre. Ils ont dit qu’ils refusaient la guerre et qu’il fallait s’abstenir de participer à des opérations militaires. Certains pays arabes ont cependant interprété cette clause comme quoi l’abstention signifie de ne pas envoyer de troupes combattre aux côtés des Américains. Mais ouvrir la voie aux Américains n’est-il pas une forme de participation ? Leur ouvrir les ports pour leurs navires de guerre et leurs porte-avions géants n’est-il pas une forme de participation ? Leur ouvrir les aéroports d’où décollent les avions de combat et les bombardiers n’est-il pas une forme de participation ? Leur ouvrir les voies terrestres d’où s’engagent les troupes et les soldats n’est-il pas une forme de participation ? Tout cela n’est-il pas une forme de participation effective dans la guerre ? Cela est bel et bien une participation effective. Nous aurions voulu que les dirigeants arabes disent aux États-Unis : Non, nous ne pouvons vous apporter le moindre soutien, ni vous ouvrir nos voies maritimes, terrestres ni aériennes, car notre religion nous interdit catégoriquement de vous aider contre nos frères, car notre religion nous enjoint d’être avec eux pour vous combattre ; et si nous n’avons pas les moyens de vous combattre, la moindre des choses que nous puissions faire est de ne pas vous offrir de facilités vous permettant d’attaquer nos frères. C’est cela qu’ils auraient dû dire : dire non ! Que Dieu salue le Parlement turc qui est allé à l’encontre de son gouvernement et qui s’est opposé à ce que la Turquie soit le point de départ des troupes et des avions. Ils ont démontré par cet acte leurs racines véritablement islamiques, même si je crains actuellement pour eux les mauvaises langues qui leur disent : « Voulez-vous être plus arabes que les Arabes ? Plus royalistes que le Roi ? Si les Arabes ouvrent leurs voies terrestres, aériennes et maritimes, pourquoi vous, vous abstiendriez-vous ? Pourquoi renoncer à tous ces milliards de dollars ? » Les Turcs auraient pu récolter des milliards de dollars... Quant aux Arabes, ils offrent leur aide gratuitement, pour la Face de Dieu, et pour les beaux yeux des États-Unis. Je crains même que certains pays arabes finissent par payer la facture de la guerre. Que Dieu salue les Turcs et j’espère que Dieu raffermira leurs pas pour qu’ils ne fassent pas comme les Arabes. Imiter les Arabes est illicite dans ce cas. J’aurais aimé que les dirigeants arabes disent non aux États-Unis : Non, nous ne pouvons vous aider car notre culture arabe, notre religion, notre Islam ne nous autorisent pas à vous aider ; nous craignons d’être découverts par nos peuples, nous craignons que nos coulisses soient découvertes, que les gens nous crachent à la figure, que l’Histoire nous maudisse et que nous devenions un objet de moquerie vis-à-vis de nos enfants et de nos petits-enfants. Les gens diront alors de nous : Voici ceux qui ont soutenu les Américains contre leurs propres frères. Ce sera la malédiction de l’Histoire. J’aurais aimé que les dirigeants arabes adoptent cette attitude. Mais malheureusement, exception faite d’un nombre minime parmi eux, lorsqu’ils parlent avec les Américains, leurs dents commencent à claquer, leur poitrine commence à se serrer, leur corps commence à frissonner. Et finalement, ils ne peuvent plus rien dire. Ils ne peuvent plus dire non ! Nous aurions aimé que les Arabes musulmans, les enfants de la Communauté du Coran, les enfants de Khâlid, de Salâh Ad-Dîn (Saladin), de Târiq Ibn Ziyâd, disent non ! Notre Maître `Umar disait : « J’aime qu’un homme, lorsqu’on tente de l’humilier, dise "Non !" à gorge déployée. » J’aurais aimé que les dirigeants arabes se rappellent la Parole de Dieu : « Ne vous laissez pas vaincre, ne vous affligez pas alors que vous êtes supérieurs, si vous êtes de vrais croyants. » [8] ; « Or c’est à Dieu qu’appartient la puissance ainsi qu’à Son Messager et aux croyants. Mais les hypocrites ne le savent pas. » [9]. J’aurais aimé qu’ils se rappellent le hadith du Prophète - paix et bénédiction sur lui : « Quiconque s’humilie de lui-même, sans y être contraint, n’est pas de notre Communauté. » J’aurais aimé qu’ils se rappellent les vers de leur ancien poète :

Wa kuntu idhâ qawmun ghazawnî ghazawtuhum fa-hal ana fî dhâ yâ li-hamadhâni dhâlimu
Matâ tahmilul-qâlibadh-dhakiyya wa sârimaw-wa anfan hamiyyan-tajtanibukal-marâhimu

Traduction

Lorsque une tribu m’attaquait, je l’attaquais à mon tour. Serais-je alors accusé d’injustice envers les Hamadhân [10] ?
Si tu portes un cœur intelligent et ferme ainsi qu’un front fier, les difficultés s’écarteront de toi.

Mais les Arabes semblent ne plus porter de cœurs intelligents, ni de fronts fiers, ni de force de caractère, ni d’épées arabes. Les Arabes sont devenus comme le dit le proverbe : « Les jeunes hommes sont semblables à des palmiers, mais qui te dira ce qu’il y a à l’intérieur des palmiers ? » « Ils sont comme des bûches appuyées contre des murs et ils pensent que chaque cri est dirigé contre eux. » [11]

La confusion de la vérité et de l’erreur

Voilà ce que j’aurais aimé entendre de la part des Arabes. J’aurais aimé qu’ils se lèvent contre les Américains, sachant que le droit est de leur côté. Le droit les renforce et relève leur tête. Néanmoins, les dirigeants n’ont pas fait leur devoir. L’un de nos frères, un savant koweïtien, m’a appelé il y a deux semaines peu après après mon émission sur Al-Jazîrah, Ash-Sharî`ah Wal-Hayâh (La Législation islamique et la vie), pour me dire : « Pourquoi critiquez-vous le Koweït s’il offre son aide aux Américains, sachant qu’il existe entre le Koweït et les États-Unis des accords bilatéraux ? Dieu ne nous ordonne-t-il pas de respecter nos engagements ? « Et remplissez l’engagement, car vous serez interrogés au sujet des engagements. » [12] » J’ai répondu à ce frère - pour qui se mélangeaient les choses : « Cher frère, ces accords ont été signés sur la base d’une défense contre une agression extérieure que subirait le Koweït ou tout autre pays. Ces accords ne stipulent pas que l’on doive aider les États-Unis s’ils envahissent un pays arabe musulman. Et même si ces accords stipulaient une telle clause, cette dernière serait illégitime et non avenue. Il n’est en effet pas permis de signer des accords ou des traités autorisant l’agression contre un pays musulman. »

C’est ainsi que se confondent la vérité et l’erreur dans l’esprit de bon nombre de gens. Beaucoup de personnes parmi les habitants du Golfe me demandent : « Nous est-il permis de participer au Bouclier de la Péninsule ? Nous est-il permis d’aller au Koweït ? » Je leur réponds : Nul grief contre vous si vous y allez et si on vous le demande. Mais allez-y uniquement dans le but de défendre la sécurité intérieure du Koweït. Quant au fait de participer dans une guerre contre vos frères, cela n’est pas permis. L’Islam interdit de participer à l’injustice ou au meurtre. Le hadith dit : « Quiconque aide au meurtre d’un Musulman, ne fût-ce que par la moitié d’un mot, se verra inscrit sur son front au Jour de la Résurrection la mention : « A désespéré de la Miséricorde de Dieu » », fût-ce par la moitié d’un mot... Ne parlons même pas d’armes, de chars, de logistique, d’ouverture d’aéroports. Fût-ce par la moitié d’un mot. Certains savants ont dit qu’il suffisait de ne pas dire « tuez » mais seulement « tu... », la moitié du mot. Nous n’avons pas le droit de dépasser nos limites et de nous ranger au côté des injustes. L’Islam s’érige sur deux éléments : Ne sois pas injuste et ne soutiens pas les injustes.

Le problème réside dans la tyrannie américaine

J’ai accordé une longue interview à un journaliste américain qui est venu me voir chez moi au Qatar. Il m’a posé la question suivante : « Le problème vient-il du fait que les États-Unis sont démesurément forts ou bien du fait que les Arabes sont extrêmement faibles ? » J’ai répondu : Le problème ne réside pas dans la puissance des États-Unis ni dans la faiblesse des Arabes. Le problème réside dans la tyrannie à laquelle se livrent les États-Unis. C’est la tyrannie américaine qui est en cause. Les États-Unis sont devenus des tyrans lorsqu’ils se sont enorgueillis de leur puissance militaire, économique, scientifique et technologique. Ils ont cru qu’ils pouvaient désormais se passer du monde. Et c’est de là que naît la tyrannie, comme nous le rappelle Dieu - Exalté soit-Il : « Prenez-garde ! Vraiment l’homme devient tyrannique, dès qu’il estime qu’il peut se suffire à lui-même. » [13] C’est cette tyrannie qui a poussé les États-Unis à faire ce que bon leur semblait dans le monde. Les États-Unis veulent être déifiés sur Terre, faisant ce qu’ils veulent, décidant comme ils veulent, sans personne pour les contester ni même pour les critiquer. Tout comme Dieu - Exalté soit-Il - n’est pas questionné au sujet de ce qu’Il fait alors que Lui questionne, les États-Unis veulent également ne plus être questionnés sur ce qu’ils font. Et cela ne peut provoquer que leur perte, car la fin de la tyrannie, lorsque celle-ci s’amplifie, ne peut être que sa disparition. Dieu dit dans le Coran : « Puis, lorsqu’ils eurent oublié ce qu’on leur avait rappelé, Nous leur ouvrîmes les portes de l’abondance, et lorsqu’ils eurent exulté de joie en raison de ce qui leur avait été donné, Nous les saisîmes soudain, et les voilà désespérés. Ainsi fut exterminé le dernier reste de ces injustes. Et louange à Dieu, Seigneur de l’Univers ! » [14] Nous leur ouvrîmes les portes de l’abondance, et lorsqu’ils eurent exultés de joie, la joie de l’arrogance, de la vanité et de l’orgueil, Nous les saisîmes soudain, et les voilà désespérés. Dieu surseoit aux injustes, et lorsqu’Il les saisit, nul ne pourra s’échapper de Son emprise. « Telle est la rigueur de la prise de ton Seigneur quand Il frappe les cités lorsqu’elles sont injustes. Son châtiment est bien douloureux et bien dur. » [15] ; « N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi avec les `Âd, avec Iram, la cité aux remarquables colonnes, dont jamais pareille ne fut construite parmi les villes ? Et avec les Thamûd qui taillaient le rocher dans la vallée ? Ainsi qu’avec Pharaon, l’homme aux épieux ? Tous étaient des gens tyranniques dans leurs pays, et y avaient commis beaucoup de corruption. Donc ton Seigneur déversa sur eux un fouet de châtiment. Car ton Seigneur demeure aux aguets. » [16] Dieu - Exalté soit-Il - accorde un sursis mais n’accorde pas de répit. Il surseoit aux injustes et les mène graduellement à leur perte. « Nous allons les mener graduellement par où ils ne savent pas ! Et Je leur accorde un délai, car Mon stratagème est sûr ! » [17] C’est alors que le ciel se venge, que le destin gronde et qu’il intervient directement dans le cours de l’histoire. Et cela ne saurait être difficile pour Dieu. Les larmes de ceux qui pleurent, les gémissements de ceux qui souffrent, les mères qui ont perdu leurs enfants, les veuves qui ont perdu leurs époux, les orphelins qui ont perdu leurs parents, les maisons qui ont été détruites... Les implorations de tous ceux-là ne sauraient être vaines. Leurs plaintes ne sauraient être ignorées par Dieu. Dieu les entendra, car aucun voile n’existe entre Dieu et la plainte de l’opprimé. Dieu élève la plainte de l’opprimé au-dessus des nuages et lui ouvre les portes du Ciel. Et le Seigneur dit : « Par Ma Majesté, Je te secourrai, fût-ce à échéance. »

Atahza’u bid-du`â’i wa tazdarîhi wa mâ yudrîka mâ sana`ad-du`â’u
Sihâmul-layli lâ tukhtî wa lâkil-lahâ amaduw-wa lil-amad inqidâ’u
Fa-yumsikuhâ idhâ mâ shâ’a rabbî wa yursiluhâ idhâ nafadhal-qadâ’u

Traduction

Prends-tu les implorations en raillerie et te moques-tu d’elles ? Sais-tu au moins ce que ces implorations ont fait ?
Les flèches nocturnes ne se trompent pas de cible. Mais elles accordent un sursis, et tout sursis a une échéance.
Si mon Seigneur le veut, Il les retiendra, et si le destin s’accomplit, Il les lâchera.

Nous appellerons contre les tyrans les colères du destin, les malédictions de l’aube et tout vagabond qui, implorant Dieu, se voit exaucé. Chers frères, nous ne sommes pas contre le peuple américain. Le peuple américain, d’après ceux qui le connaissent, est un peuple majoritairement bon, ignorant les réalités de ce monde. Il est manipulé par les médias américains, eux-mêmes sous l’emprise du lobby sioniste et des médias sionistes. Nous sommes contre la despotique administration américaine, contre ce gouvernement inique, contre cette orientation anti-islamique. Nous nous levons contre ceux-là et nous les invitons à revoir leurs positions et à s’attirer l’amitié d’un milliard et trois cents millions de Musulmans dans le monde plutôt que s’attirer leur inimitié et leur haine. Par Dieu, dans le passé, nous n’éprouvions aucun ressentiment contre les États-Unis. Nous considérions les États-Unis comme des amis car ils ne nous avaient pas colonisés comme la Grande-Bretagne ou la France entre autres. En outre, les Arabes et les Musulmans avaient émigré aux États-Unis pour travailler, pour étudier, pour se soigner. Mais les États-Unis ont aujourd’hui modifié leur attitude envers nous. Ne croyez pas, chers frères, que les événements du 11 septembre sont la cause première de cette situation. Non, les spécialistes et les experts en stratégie ont montré que ce qui se passe actuellement a été planifié depuis bien longtemps. Des correspondances entre le Ministère des Affaires étrangères et le Pentagone prouvent que tout cela était planifié. Les États-Unis veulent apporter des modifications dans la région. C’est ce qu’a dit Colin Powell au Congrès américain. Il a dit : « Après notre victoire contre Saddâm, nous réorganiserons fondamentalement la région. Nous retracerons sa carte de nouveau et nous la reconstruirons sur des bases nouvelles conformes aux intérêts des États-Unis d’Amérique. » Ils veulent réformer l’identité de la région. Ils veulent réformer l’identité de l’éducation religieuse. Ils veulent ôter du Coran ce qu’ils veulent et ôter de l’Histoire ce qu’ils veulent également. Ils veulent ôter de la jurisprudence islamique toute notion d’effort de lutte, de jihâd. Ils veulent ôter de l’Histoire des noms comme Khâlid, Abû `Ubaydah, Salâh Ad-Dîn (Saladin) ou `Umar Al-Mukhtâr. Ils veulent nous réformer, nous équarrir. Mais nous leur répondons : Ne rêvez pas... Ne rêvez surtout pas...

Tout au long de l’histoire, cette Communauté a vaincu ses ennemis. Elle a vaincu les Croisés et les Tatars et a récemment vaincu la colonisation. Et elle vous vaincra vous aussi, les oppresseurs et les injustes. Dieu peut surseoir aux injustes mais lorsqu’Il les saisit, Son châtiment se fait terrible.

Je prie Dieu - Exalté soit-Il - d’éclairer le chemin et la voie de notre Communauté. Je Le prie pour qu’Il lui accorde une retentissante victoire et pour qu’Il la guide vers le droit chemin. Je le prie pour qu’Il l’assiste de Son secours. Amen. Tel est mon discours et je demande à Dieu de vous pardonner vos fautes ainsi que les miennes et paix et bénédiction sur notre Maître Muhammad, sur sa Famille et sur ses Compagnons.

P.-S.

Traduit depuis le site Qaradawi.net.

Notes

[1Sourate 5 intitulée la Table servie, Al-Mâ’idah, verset 3.

[2Sourate 17 intitulée le Voyage nocturne, Al-Isrâ’, verset 7.

[3Sourate 41 intitulée Fussilat, verset 46.

[4Sourate 33 intitulée les Coalisés, Al-Ahzâb, verset 39.

[5Cette phrase est un extrait d’un hadith du Prophète : « Secours ton frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé. » On demanda au Prophète : « Il est clair que nous le secourrons s’il est opprimé. Mais comment le secourrions-nous s’il est oppresseur ? » Le Prophète répondit : « En l’empêchant d’opprimer les gens. »

[6Sourate 33 intitulée les Coalisés, Al-Ahzâb, verset 25.

[7Sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 216.

[8Sourate 3 intitulée la Famille d’Amram, Âl `Imrân, verset 139.

[9Sourate 63 intitulée les Hypocrites, Al-Munâfiqûn, verset 8.

[10Hamadhân est une ville de l’actuel Iran.

[11Sourate 63 intitulée les Hypocrites, Al-Munâfiqûn, verset 4.

[12Sourate 17 intitulée le Voyage nocturne, Al-Isrâ’, verset 34.

[13Sourate 96 intitulée l’Adhérence, Al-`Alaq, versets 6 et 7.

[14Sourate 6 intitulée les Bestiaux, Al-An`âm, versets 44 et 45.

[15Sourate 11 intitulée Hûd, verset 102.

[16Sourate 89 intitulée l’Aube, Al-Fajr, versets 6 à 14.

[17Sourate 68 intitulée le Calame, Al-Qalam, versets 44 et 45.

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