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Sheikh Sâlih Al-Ja`farî

vendredi 22 juillet 2005

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Sheikh Sâlih Al-Ja`farî (1910 - 1979)

Sa naissance et sa lignée

Sheikh Sâlih Ibn Mohammad Ibn Sâlih Ibn Mohammad Rifâ`î Al-Ja`farî As-Sâdiqî Al-Husaynî descend de l’Imâm Ja`far As-Sâdiq, le fils de l’Imâm Mohammad Al-Bâqir, le fils de notre maître `Alî Zayn Al-`Âbidîn, le fils de notre maître et Imâm Al-Husayn Ibn `Alî Ibn Abî Tâlib — qu’Allâh les agrée tous.

Il naquit dans le village de Danqalâ au nord du Soudan, le 15 Jumâdâ II 1328 A.H. — le 22 juin 1910 E.C. — dans une famille noble réputée pour sa piété, sa générosité et l’enseignement du Coran. Son grand-père, d’origine égyptienne, Sheikh Sâlih Ibn Mohammad Rifâ`î était le fondateur d’une école coranique, où nombre de mémorisateurs du Coran furent formés.

Son éducation et ses maîtres

Le Sheikh — qu’Allâh lui fasse miséricorde — mémorisa le Coran sous l’égide des disciples de son grand-père, à la mosquée de Sidi `Abd Al-`Âl Al-Idrîsî, la mosquée antique de la ville de Danqalâ. Puis, dans les années 1930, sa quête du savoir le conduisit à Al-Azhar.

Au sein de l’institution azharite, il reçut le savoir de la part de nombreux savants pratiquants, ayant allié la Vérité et la Loi, tels que Sheikh Mohammad Ibrâhîm As-Samâlûtî, Sheikh Mohammad Bekhît Al-Mutî`î, Sheikh Mohammad Hâbîb Allâh Ash-Shinqîtî, Sheikh Yûsûf Ad-Dijwî et Sheikh `Alî Ash-Shâyeb, ainsi qu’une foule de savants en visite à Al-Azhar.

Ses études à Al-Azhar furent couronnées par deux diplômes, le Diplôme Supérieur (Ash-Shahadah Al-`Âliyyah) et le prestigieux Diplôme d’Al-`Âlamiyyah, assortis d’une habilitation (ijâzah) spécialisée dans l’enseignement, délivrée par la Faculté de Législation Islamique.

Enseignement et fonctions

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Sheikh Sâlih Al-Ja`farî dans la cour de la Mosquée Al-Azhar

Il exerça la fonction d’Imam à la mosquée Al-Azhar et y fut chargé d’enseignement. Il s’attacha à cette mosquée millénaire et choisit le pavillon des Maghrébins dans la cour d’Al-Azhar comme centre d’enseignement, de dévotion et de prédication. Il fut connu pour ses nombreuses retraites spirituelles au sein d’Al-Azhar. On rapporte à ce sujet qu’il passait la majeure partie de son temps au sein de la mosquée et qu’il n’en sortait que pour les besoins de sa famille et la visite des gens de piété, vivants et morts.

Son célèbre cours suivait la prière du vendredi et attirait des centaines de personnages qui y trouvaient une bonne exhortation, des joyaux spirituels et des réponses aux questions qui les préoccupaient. Sheikh Sâlih alliait la rigueur juridique aux vérités du soufisme dans son discours et proposait ainsi une harmonieuse subsistance pour le cœur et l’esprit. Dr Mohammad Rajab Al-Bayyûmî évoqua les caractéristiques spéciales du cours de Sheikh Sâlih Al-Ja`farî dans son ouvrage Risâlat Al-Masjid (La mission de la mosquée) : « Allâh déversait alors sur sa langue des sens sublimes et des perles de sagesse. On sentait qu’un flux de grâce jaillissait de son cœur et alimentait sa langue. Bien que nous ayions lu des ouvrages exégétiques et des recueils de hadiths nous aussi, il nous surprenait par des éclairs spirituels dont nous ignorions la source. En outre, son éminence Sheikh Sâlih Al-Ja`farî — qu’Allâh l’agrée — fut doté d’une voix mélodieuse qui captivait son audience ».

Après son cours, il répondait aux interrogations et aux soucis des gens, puis il retournait à son isolement et à son lieu de retraite dans les pavillons d’Al-Azhar. Ainsi, les gens et ses disciples trouvèrent en lui un savant attentif à leurs problèmes et un éducateur soufi absorbé par l’Amour d’Allâh et de Son Prophète.

Deux fois par semaine, il dirigeait une assemblée de dhikr où ses disciples et les gens qui l’aimaient se réunissaient pour mentionner Dieu — Exalté soit-Il — et faire l’éloge du noble Messager — paix et bénédictions sur lui. Il avait aussi coutume de participer aux commémorations marquant la naissance du Prophète et des gens de piété, la Nuit du Voyage Nocturne et de l’Ascension et les autres événements importants du calendrier musulman.

Par vingt-sept fois, il eut l’occasion d’accomplir le grand pèlerinage et de rendre visite au Prophète — paix et bénédictions sur lui — accompagné de ses enfants, de ses bien-aimés et de ses disciples.

Sa voie spirituelle

Il s’initia au soufisme selon la voie de Sheikh Ahmad Ibn Idrîs, le Sheikh de la confrérie idrîsie. Il dit à ce sujet : « Je fus autorisé dans cette voie par mon Sheikh, mon maître, l’éducateur des aspirants, le chérif As-Sayyid Mohammad Ibn Sayyidî `Abd Al-`Âl, selon son père, Sayyidî `Abd Al-`Âl qui la reçut de son Sheikh, l’érudit As-Sayyid Mohammad Ibn `Alî As-Sunûsî, qui fut autorisé par son Sheikh le sieur connaisseur d’Allâh, As-Sayyid Ahmad Ibn Idrîs [1], puisse Dieu les agréer tous. »

Efforts et production littéraire

Sheikh Sâlih Al-Ja`farî — qu’Allâh lui fasse miséricorde — veilla à ressusciter les écrits de Sidi Ahmad Ibn Idrîs. À cette fin, il se rendit au Maghreb, dans le lieu de retraite du Sheikh, mais aussi auprès des gens ayant côtoyé ses disciples pour recueillir les enseignements, les parchemins et les écrits qu’il avait laissés après lui. Sheikh Sâlih prit sur lui la charge de les relire, de les éditer, de les commenter, de référencer les hadîths et les versets qui y sont mentionnés, puis il les fit imprimer et publier à ses propres frais pour faire profiter le plus grand nombre des trésors que la production de Sheikh Ahmad Ibn Idrîs recèle.

Sur le terrain politique, les chaires d’Al-Azhar lui enregistrèrent diverses prises de position courageuses dans la guerre en Palestine, appelant au jihad contre l’occupant israëlien et à la collecte de dons en faveur des palestiniens. Il s’opposa également à la montée du communisme athée et à ses sbires. Il eut également le souci d’appeler les gouverneurs arabes à l’union, à la solidarité et au rejet des différends qui ont fait la défaite et la désunion des musulmans.

Il laissa derrière lui un héritage scientifique et spirituel dense, publié progressivement par la fondation Dâr Jawâmi` Al-Kalim - Dâr Ihyâ’ At-Turâth Al-Ja`farî.

Citations

(1910 - 1979)

Parmi les paroles du Sheikh, recommandant la piété et l’attachement aux fondements de l’école sunnite : « Frère en Allâh, l’obéissance à Allâh — Exalté soit-Il — nous réunit et la désobéissance à Lui nous sépare. Attache-toi donc à l’obéissance à Allâh et méfie-toi grandement de Lui désobéir. Veille à acquérir le savoir ; quelle bonne monture pour atteindre l’objectif désiré. Mentionne Allâh — Exalté soit-Il — abondamment, quelle agréable aiguade, et attache-toi à la récitation du Coran car c’est la Parole de ton Seigneur et la guérison de ton cœur. Sache que notre voie que voici est fondée sur le Coran et la Sunnah, la jurisprudence des quatre écoles [2], le credo d’Al-Ash`arî en matière de monothéisme [3], et la voie de Abû Al-Qâsim Al-Junayd [4] en matière de soufisme — puisse Allâh les agréer tous. Détourne-toi de tout ce qui contredit cela, car cela n’est point de notre voie. »

Son décès

Après une vie pleine d’efforts dans la voie d’Allâh, Sheikh Sâlih Al-Ja`farî retourna auprès de son Seigneur le 18 Jumâdâ Ier 1399 A.H., soit le 14 avril 1979 de l’ère commune. Il fut enterré près de la mosquée qu’il avait fait construire à ses frais peu avant sa mort dans le quartier d’Ad-Darrâsah au Caire où une rue porte son nom. Qu’Allâh — Exalté soit-Il — l’enveloppe de Sa douce miséricorde. Il laissa derrière lui son fils, Sheikh `Abd Al-Ghanî Sâlih Al-Ja`farî, à la tête de la tarîqah ja`farie. Qu’Allâh — Exalté soit-Il — le dirige vers ce qu’Il aime et agrée.

P.-S.

Cette présentation est basée sur la biographie du Sheikh fournie dans Miftâh Mafâtîh Kunûz As-Samâwâti wal-Ard.

Notes

[1Sheikh Ahmad Ibn Idrîs (1750-1837 ou 1760-1837 E.C.), originaire de la ville de Fès, il reçut sa formation religieuse à Al-Qarawiyyin, puis s’installa en 1799 à la Mecque Honorée où il devint célèbre. Il s’occupa de la formation spirituelle de ses disciples et l’organisation formelle d’une confrérie qui porte son nom n’eut lieu qu’après son décès. Parmi ses plus célèbres disciples figurent Sheikh Mohammad Ibn `Alî As-Sunûsî, le fondateur de la confrérie sunûsie (la Tarîqah Sunûsiyyah), et Sheikh Mohammad `Uthmân Al-Mirghanî, le Sheikh de la confrérie khatmie (la Tarîqah Khatmiyyah).

[2Il s’agit des quatre écoles prévalentes de jurisprudence sunnite : l’école hanafite, l’école malékite, l’école shaféite et l’école hanbalite.

[3Il s’agit du credo de la majorité des savants sunnites. À cet égard, le lecteur peut se reporter aux textes suivants de Sheikh Al-Butî et Sheikh Al-Qaradâwî publié sur notre site. Ndlr.

[4Il s’agit, à l’unanimité des savants musulmans, d’un grand Imâm de la communauté et d’une figure emblématique de la droiture, du savoir et de la discipline du soufisme. Il décéda en 298 A.H. Ndlr.

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