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Le port du voile et les musulmanes converties

dimanche 26 décembre 2004

Question

Nombre de femmes ont embrassé l’islam par conviction, sauf que la question du voile est quelque peu difficile pour elles, soit parce qu’elles n’en sont pas convaincues (notamment lorsqu’elles voient des musulmanes d’origine arabe ou autre ne pas le porter), soit à cause des obstacles auxquels elles sont confrontées lorsqu’elles veulent continuer à exercer un emploi, ce qui est indispensable dans la société occidentale. Est-il préférable que ces femmes reportent leur décision d’embrasser l’islam et qu’elles prolongent leur quête spirituelle jusqu’à ce que Dieu leur ouvre l’esprit vis-à-vis du voile, ou bien doit-on leur trouver une dérogation et les accueillir dans l’islam au stade de conviction où elles sont rendues ?

Réponse du Docteur Mustafâ Az-Zarqâ

 [1]

Concernant les femmes occidentales qui embrassent l’islam par conviction et de leur plein gré, et qui éprouvent des difficultés à respecter l’Ordre de se voiler (c’est-à-dire couvrir les parties du corps de la femme qui doivent l’être), nous n’avons pas le loisir de changer les règlements juridiques de l’islam pour elles, autorisant ainsi le dévoilement et le dénuement, en violation des règlements de l’islam.

Si elles se dévoilent et se dénudent, cela doit être accompagné de la conviction que ce qu’elles font est illicite en islam. Si elles ont la conviction du contraire, alors cela ne saurait s’accorder avec l’islam. Il y a en effet une grande différence aux yeux de l’islam entre celui qui contrevient aux commandements de Dieu tout en reconnaissant que cela est illicite, et celui qui les brave en affirmant la légitimité de son geste, car celui qui dénie les interdits catégoriques se rend coupable d’hérésie et devient un apostat. Ainsi celui qui boit le vin tout en croyant que cela est un péché demeure musulman, alors que celui qui le boit en estimant cela légitime est un mécréant.

Par conséquent, en réponse à la question posée, la pratique du dévoilement et du dénuement par ces femmes nouvellement converties - sans que cela soit accompagné de la conviction que cela serait licite, mais seulement en attendant que leur volonté se renforce - est préférable au prolongement de leur état de dénégation. Le Messager de Dieu - paix et bénédictions sur lui - dit en effet : « L’islam a débuté singulier et il redeviendra singulier comme en ses débuts. Bienheureux sont les gens singuliers. » (Que Dieu fasse que nous soyons parmi ceux-là.)

Enfin, je voudrais profiter de cette occasion pour dire qu’il est important de rappeler à ces femmes que le fait de supporter ce petit voile, et malgré la difficulté que cela représente pour certaines d’entre elles, leur vaut une rétribution supplémentaire auprès de Dieu par rapport aux femmes vivant dans un environnement islamique.

Et Dieu est le plus savant.

P.-S.

Traduit de l’arabe du site Islamonline.net. La version originale est consultable sur archive.org.

Notes

[1Dr. Mustafâ Az-Zarqâ - que Dieu lui fasse miséricorde - fut professeur de droit musulman à l’Université de Syrie et dans diverses universités arabes.

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