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Introduction à l’islam
Section : Les sources primaires de l’islam

Le Noble Coran

mardi 17 juillet 2001

Le Coran et la Sunnah sont les deux sources primaires de l’Islam

L’Islam est la religion d’Allah révélée dans le dernier de Ses Livres et envoyée avec le dernier de Ses Messagers afin de sortir les hommes des ténèbres vers la lumière, par l’Autorisation de leur Seigneur, en les guidant vers la voie du Tout Puissant, le Digne de louange..

Les jugements légaux en islam [ahkâm al-islâm] réunissent l’ensemble des commandements et des enseignements auxquels le Messager d’Allah, paix et bénédictions d’Allah sur lui - a appelé et qu’il a transmis à sa communauté parmi les choses dont Allah nous a informé - soit dans Son Livre soit par la langue de Son Messager - en matière de vérités de l’existence et des mondes du Ghayb (i.e. de l’Inaccessible) en relation avec la Divinité, la Prophétie et l’Au-delà… et également le choses qu’Il a ordonnées - Exalté Soit-Il, celles qu’Il a interdites ou encore autorisées dans le domaine de la religion et de la vie.

Ainsi, les jugements légaux de l’islam ne sont pas restreints uniquement au côté pratique ou législatif sous-tendant le culte et les transactions [al-mu`âmalât] : c’est en fait le côté traité par la science du " Fiqh " (jurisprudence). Ils ne sont pas non plus confinés exclusivement dans la dimension théorique ou relative au credo et qui est l’objet de la science du "Tawhîd" (Monothéisme Pur) ou d’Al-Kalâm. Ils ne sont pas non plus réduits à une dimension spirituelle ou éthique qui est l’objet de la science du "soufisme" ou celle "des nobles manières". Mais, ils englobent tout cela de façon équilibrée, complémentaire et harmonieuse.

Le Noble Coran et la Sunnah Prophétique sont les deux sources principales et infaillibles dont émanent tous les jugements légaux en islam. Le Coran est la première source et la Sunnah la seconde.

Pourquoi l’Analogie et le Consensus ne sont pas comptés parmi les sources

Une question se pose ici : Pourquoi le consensus [al-ijmâ`] et (le raisonnement par) analogie [qiyâs] ne sont pas cités comme sources de la connaissance des jugements légaux ?

La réponse est comme suit :

  1. ces deux sources sont mentionnées - avec le Coran et la Sunnah- lorsqu’il s’agit de jugements légaux d’ordre pratique relevant des branches [ahkâm far`iyyah `amaliyyah] qui sont développés dans la science du Fiqh. Mais nous traitons ici de tous les jugements légaux de l’islam qui englobent, outre les règles juridiques, le Credo, l’éthique, la pensée et le comportement. Ils sont basés sur deux sources principales : le Coran et la Sunnah.
  2. La justification de ces deux sources - i.e. le consensus et l’analogie - n’a été faite qu’en s’appuyant sur le Coran et la Sunnah. C’est par ces deux dernières sources, et non pour une raison intrinsèque, qu’ils ont valeur d’argument. Cela signifie que le Coran et la Sunnah sont l’origine de toute déduction et inférence [juridico-légale].
  3. Le Livre et la Sunnah sont les deux sources indiscutables [qat`i] et infaillibles. Un musulman qui a une religion correcte ne diverge aucunement au sujet de leur autorité, à la différence du consensus et de l’analogie qui ont fait l’objet de longues discussions rapportées dans les fondements de la jurisprudence. Cela dit, ils sont considérés [comme autorité légale] par l’ensemble des musulmans [jumhûr al-ummah].

Il y a des discussions au sujet du consensus, sa possibilité, son occurrence, sa connaissance s’il se produit et sa valeur d’argument une fois connu. Il y a également des débats au sujet de l’analogie, sa valeur d’argument, les conditions de son acceptation ; les querelles des dhahirites et d’autres à ce sujet sont bien connues. Ainsi les sources de connaissance des jugements légaux en islam ont été déterminées. En d’autres termes, "l’autorité suprême" en islam a été déterminée. Celle-ci ne revient pas à une Académie religieuse ou scientifique donnée, à la différence de ce qui est connu chez les chrétiens avec leur clergé sacré. Elle n’appartient pas non plus à un chef religieux, aussi élevé son rang soit-il en science et en piété. Les musulmans, contrairement aux adeptes d’autres religions, n’ont pas de " Pape " qui serait sacré et infaillible. Cette référence ou autorité suprême ne revient pas non plus à une école ou un madhhab [école juridique], ni à une Tarîqah [voie ou ordre soufi], imités par leurs adeptes ou disciples sur les plans du Credo et de la pensée, ou la jurisprudence et la législation, ou l’éducation et le cheminement.

Ce que l’on peut trouver de cela dans l’Histoire de l’islam et son patrimoine c’est l’Ijtihâd [i.e. l’effort intellectuel] - d’êtres humains qui ne sont pas infaillibles dans la compréhension de l’islam et sa mise en pratique. On prend certaines de leurs paroles et on en délaisse d’autres. Celui d’entre eux qui atteint la vérité à une récompense double et celui qui se trompe à une récompense simple tant que l’Ijtihâd provient des gens compétents pour le faire, dans un sujet où l’Ijtihâd est possible, et pourvu que l’intention qui l’accompagne soit bonne.

La référence et autorité suprême en islam est constituée de deux sources divines infaillibles : Le Coran et la Sunnah. Nous avons reçu l’Ordre de les suivre et de nous référer à elles pour arbitrer nos divergences. On peut aussi dire qu’il s’agit d’une seule et même source, ou une référence unique, qui n’est autre que "L’Inspiration Divine", que ce soit une révélation explicite [wahyun jaliyy] récitée à savoir le Coran, ou une révélation non explicite et [wahyun ghayru jaliyy] non récitée, à savoir la Sunnah.

Quant à l’œuvre de "l’intellect islamique" ["al-`aql islâmî"] en matière d’exégèse du Coran, d’interprétation du Hadith, de déduction subtile [instinbât] des jugements légaux, il n’est pas infaillible dans ses expressions ni dans chacun de ses détails. Toutefois, dans son ensemble, il est indispensable pour ouvrir les [portes] fermées, montrer la voie, guider la compréhension, orienter correctement la déduction et l’Ijtihâd pour éviter les faux pas et l’égarement des esprits.

Pourquoi Allah a-t-Il révélé le Coran

Allah - Exalté soit-Il - n’a pas révélé le Coran pour la recherche de bénédiction par sa récitation, ni pour orner les murs avec ses versets, ni pour qu’il soit lu sur les morts pour que leur Seigneur leur fasse Miséricorde. En effet, Allah a révélé le Coran afin de redresser la vie par sa guidance, la gouverner par ce qu’Allah a révélé comme guidance et religion de la Vérité, guider l’humanité grâce à sa lumière vers ce qu’il y a de plus droit et sortir les gens des ténèbres vers la lumière. Allah n’a donc pas révélé le Coran pour qu’il soit récité sur les morts mais pour gouverner les vivants. Il ne l’a pas révélé pour orner les murs mais pour qu’il soit l’ornement des humains.

La bénédiction du Coran ne se réalise que lorsqu’il est suivi et mis en pratique : "Et voici un Livre (le Coran) béni que Nous avons fait descendre - suivez-le donc et soyez pieux, afin qu’il vous soit fait miséricorde" [6 :155] Le Coran lui-même définit les objectifs pour lesquels Allah l’a révélé et devant être réalisés dans la vie et dans les hommes et ce, par des expressions plus claires et explicites que l’aube naissante, telles que :

" Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens. selon ce qu’Allah t’a appris "

"Ô gens ! Certes une preuve évidente vous est venue de la part de votre Seigneur. Et Nous avons fait descendre vers vous une lumière éclatante. * Alors ceux qui croient en Allah et qui s’attachent à Lui, Il les fera entrer dans une miséricorde venue de Lui, et dans une grâce aussi. Et Il les guidera vers Lui dans un chemin droit" [4:174-175]

" Une lumière et un Livre explicite vous sont certes venus d’Allah ! * Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit" [5:15-16]

" Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce qu’Allah t’a révélé " " Nous l’avons fait descendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez. " [12 :2]

" […]un livre que nous avons fait descendre sur toi, afin que - par la permission de leur Seigneur - tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, sur la voie du Tout Puissant, du Digne de louange " [14 :1]

" Certes, ce Coran guide vers ce qu’il y a de plus droit, et il annonce aux croyants qui font de bonnes oeuvres qu’ils auront une grande récompense, * et à ceux qui ne croient pas en l’au-delà, que Nous leur avons préparé un châtiment douloureux " [17 : 9-10].

Pour mettre en pratique le Coran et se faire guider comme il se doit par sa guidance, il est indispensable pour nous de connaître clairement ce qu’Allah - Exalté soit-Il - nous demande dans Son Livre. Cela est conditionné par notre bonne compréhension du Coran et la rectitude de notre exégèse de ses versets et de ses lois pour ne pas lui faire dire ce qu’il ne dit point, en le chargeant de ce qu’il ne laisse pas entendre, en lui ajoutant ce qui lui est étranger, en lui soustrayant ce qui s’y trouve, en retardant ce qu’il a avancé ou en avançant ce qu’il a retardé. Cela réquiert des règles et une rigueur empêchant les manipulations et duperies des malhonnêtes, ainsi que l’interprétation des ignorants et la falsification des déviants.

Ils croient en une partie du Livre et en renient une autre

Il y a parmi les prétendants à l’islam des gens qui tiennent ses propos : "Nous croyons au Noble Coran et nous plions à ses lois, mais uniquement dans certains domaines ". Ainsi, acceptent-ils ses lois dans les domaines du Credo, du Culte et de l’éthique mais les refusent lorsqu’il s’agit de législation, économie, politique et autre. D’autres encore acceptent de prendre en considération ses lois dans le domaine de la législation, mais uniquement pour ce qui touche la famille ou le statut personnel en délaissant ce qui concerne la société, les affaires du gouvernement, la politique, l’économie et les relations internationales.

Il est surprenant que ce genre de propos provienne d’une personne qui se dit musulmane et qui prétend agréer Allâh comme Seigneur, l’Islam comme Religion, Muhammad comme Messager et le Coran comme Guide ! Comment cela peut-il provenir de quelqu’un qui croit que le Coran est le Livre d’Allah et que ce qu’il y a entre ses deux couvertures est la Parole d’Allah - Exalté et Glorifié soit-Il ? Ceux-la reprennent-ils leur Seigneur [dans ce qu’Il dit] ? Ou prétendent-ils connaître mieux que Lui les intérêts de Ses créatures ? Ou se sentent-ils plus bienfaisants que Lui - Glorifié Soit-il ?

Ceux-là pensent-ils être des égaux d’Allah - Exalté soit-Il, qui partageraient Sa création et seraient Ses partenaires dans Son Jugement ?! Quel mauvais jugement est le leur ! Comment la créature pourrait-elle être égale au Créateur ? Comment l’homme engendré et voué à périr, l’homme limité et incapable, serait-il l’égal du Seigneur le Très-Haut, le Premier sans début et le Dernier sans fin, celui à Qui appartient la Volonté Absolue et la Forte Puissance Triomphante et que rien dans les cieux ni sur terre ne Le dépasse ?

Nous avons vu des gens prétendre que seul le Coran Mecquois doit être suivi. Quant au Coran Médinois, nous ne serions pas tenus de le suivre car il aborde des aspects de notre vie qui sont sujets à l’évolution et au changement, nous ne devons pas la figer par le Coran et la Sunnah ! C’est précisément cela que le Coran a sévèrement réprouvé et condamné chez les Enfants d’Israël. Il leur a adressé les plus grandes menaces de châtiment lorsqu’ils ont pris des lois de la Thorah ce qui leur plaisait et ont délaissé ce qui n’était pas à leur goût. C’est pourquoi Allâh - Exalte soit-Il - a dit : "Croyez-vous donc en une partie du Livre et rejetez-vous le reste ? Ceux d’entre vous qui agissent de la sorte ne méritent que l’ignominie dans cette vie, et au Jour de la Résurrection ils serons refoulés au plus dur châtiment, et Allah n’est pas inattentif à ce que vous faites. Voilà ceux qui échangent la vie présente contre le vie future. Eh bien, leur châtiment ne sera pas diminué. Et ils ne seront point secourus" [sourate 2 :85-86].

Allâh - Exalté soit-Il - a également mis en garde Son Prophète - c’est aussi une mise en garde pour sa communauté après lui - contre la volonté des gens du Livre de le détourner d’une partie du Livre qu’Allâh lui a révélé de telle sorte qu’il ne juge pas par lui et qu’il ne le mette pas en oeuvre. C’est pourquoi Allâh - Exalté Soit-Il - a-t-il dit : "Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a révélé. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’ éloigner d’ une partie de ce qu’ Allah t’ a révélé.[…] " [5:49]

Le Coran a condamné très sévèrement ceux qui rejettent le Jugement d’Allâh et Son Prophète lorsqu’ils sont appelés à y adhérer et qui ne s’y réfèrent que pour ce qui concorde avec leurs passions et leurs intérêts personnels. Le Coran a clairement nié la qualité de foi à leur sujet. Allâh - Exalté soit-Il - a dit : "Et ils disent : ’Nous croyons en Allah et au Messager et nous obéissons’. Puis après cela, une partie d’ entre eux fait volte-face. Ce ne sont point ceux-là les croyants * Et quand on les appelle vers Allah et Son messager pour que celui-ci juge parmi eux, voilà que quelques-uns d’ entre eux s’éloignent * Mais s’ ils ont le droit en leur faveur, ils viennent à lui, soumis * Y a-t- il une maladie dans leurs cœurs ? ou doutent- ils ? ou craignent- ils qu’ Allah les opprime, ainsi que Son messager ? Non !... mais ce sont eux les injustes * Y a- t- il une maladie dans leurs cœurs ? ou doutent- ils ? ou craignent- ils qu’ Allah les opprime, ainsi que Son messager ? Non !... mais ce sont eux les injustes *La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : ’Nous avons entendu et nous avons obéi’. Et voilà ceux qui réussissent " (sourate 24)

Tel est le comportement des croyants lorsqu’ils sont appelés au Jugement d’Allâh et de Son Prophète : une soumission sans la moindre hésitation et une obéissance sans lenteur. Ceux-là sont ceux qui réussissent. En effet, croire fermement en Allâh comme Seigneur, en Muhammad comme Messager, au Coran comme guide, implique, exige et rend obligatoire le devoir d’être satisfait de ce qu’Allâh a agréé ainsi que son Messager et le devoir de s’aligner sur ce qu’Allâh a rendu obligatoire ainsi que Son Messager. Si cela n’est pas vérifié, la foi n’est rien de plus qu’un mot dénué de tout sens et une affirmation sans vérité : "Il n’ appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’ Allah et Son messager ont décidé d’ une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’ agir […] " [33 :36] Quant aux autres qui n’obéissent à Allâh et à Son Messager que lorsqu’ils y voient un droit ou un intérêt qui leur revient ou une confluence avec leur passion, ceux-là ont des cœurs malades, habités par le doute : " Ceux-là sont les injustes " et " Ce ne sont point ceux-là les croyants ".

Le Coran est un tout non fractionnable

Le Coran est un tout qui ne peut être fractionné. Ses enseignements et ses lois sont intimement lies et complémentaires, à l’image des cellules organiques constituant un même corps, elles interagissent et ne peuvent être séparées du reste du corps. Ainsi, le Credo nourrit le culte, le culte nourrit l’éthique et tous ses champ nourrissent la dimension pratique et législative dans la vie.

Il n’est pas acceptable du point de vue de la foi et de la raison qu’un musulman lise la Parole d’Allâh dans sourate Al-Baqarah : " Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme il a été prescrit à vos prédécesseur, afin que atteingniez la piété " et qu’il réponde : "j’ai entendu et j’obéis", puis qu’il lise dans la même sourate la Parole d’Allâh Exalte "Ô les croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués " et qu’il réponde : "j’ai entendu et je désobéis" !! Et pourquoi donc ? parce que le premier verset traiterait des oeuvres cultuelles alors que l’autre traite des châtiments !

Cela signifie que l’homme trouve à redire dans les Jugements d’Allâh - Exalté soit-Il, qu’il en prend une partie et en délaisse une autre, qu’il en agrée des éléments et en rejette d’autres, selon sa passion. Mais en réalité nul ne peut revenir sur les Jugements d’Allâh ni s’y opposer. Cela signifie que l’homme prenne de sourate Al-Baqarah le verset du Trône : "Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par lui-même "Al-Qayyoûm". Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent…" mais qu’il dédaigne "Ô les croyants ! Craignez Allah ; et renoncez au reliquat de l’ intérêt usuraire, si vous êtes croyants * Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’ annonce d’ une guerre de la part d’ Allah et de Son messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés ". La raison en est que le verset du Trône traite de la Divinité et le verset sur l’usure des transactions !! [mu`âmalât]

De même, celui qui accepte ce verset de sourate Al-Mâ’idah : "Ô les croyants ! Lorsque vous vous levez pour la prière, lavez vos visages et vos mains jusqu’aux coudes…" mais rejette dans la même sourate le verset : " Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main, en punition de ce qu’ ils se sont acquis, et comme châtiment de la part d’ Allah. Allah est Puissant et Sage". Il récite la Parole d’Allâh - Exalté soit-Il : "Accomplissez la prière et donnez la zakât (aumône légale) " et dit : je retiens la prière mais pas la zakât, parce que la prière est une œuvre purement spirituelle alors que la zakât est une obligation liée à l’argent et à l’économie…j’accepte ceci mais refuse cela !

Par Allâh, que ceci est étonnant ! Le serviteur est-il devenu plus savant que son Seigneur ? Ou bien la créature est-elle désormais plus élevée que son Créateur ?! Non seulement il se prend pour un égal d’Allâh mais en plus il s’est établi dans un tribunal suprême pour distinguer, critiquer et agréer. Il critique selon son propre intellect ou sa passion des Jugements d’Allâh et agrée ce que bon lui semble !

Ce qui est certain, et n’admet aucune divergence et qui est connu dans la religion par nécessité - c’est-à-dire qui n’a pas besoin d’être prouvé car tout un chacun le connaît - c’est que tous les enseignements du Coran doivent être appliqués. Nulle différence à ce sujet entre ce qui est qualifié de spirituel et ce qui est qualifié de matériel. Il en est de même pour ce qui est considéré comme "affaires religieuses" et "affaires de la vie ici-bas" ou ce qui concerne la vie de l’individu et celle du groupe. Tous ces titres et appellations n’ont aucune existence dans le Livre d’Allâh - Exalté soit-Il. Aucune différence n’est à prendre en considération entre ces titres, puisqu’ils s’inscrivent toutes dans le cercle des Ordres d’Allâh et de Ses interdits.

Celui qui ouvre le Coran et lit sourate al-Fâtihah puis procède à la lecture de sourate Al-Baqarah tombe d’emblée sur la description des gens pieux et bien guidés par le Livre d’Allâh : "ceux qui croient au Ghayb, accomplissent la prière et dépensent [dans l’obéissance à Allah], de ce que Nous leur avons attribué". Ainsi le Crédo (croire au ghayb) a-t-il été associé à l’aspect cultuel (accomplir la prière) et à l’aspect économique "dépenser des biens qu’Allâh a attribués". De la même façon, dans tout le Coran, nous trouvons que la description des croyants et des gens pieux et bienfaisants ne sépare jamais ces aspects comme cela peut se constater clairement au début de sourate Al-Anfâl (versets 2 à 5), au début de sourate Al-Mu’minûn (versets 1 à 11), au milieu de sourate Ash-Shûrâ (versets 36 à 39). Il en est de même pour ce qui est de la description des Serviteurs du Miséricordieux dans sourate Al-Furqân (versets 63 à 76) et dans la description des Bienfaisants dans sourate Adh-Dhâriyât (versets 15 à 19) et d’autres.

Nous trouvons des exemples similaires concernant les ordres, les interdits et les commandements d’Allâh tels que les dix commandements de sourate Al-An`âm : "Dis : Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit" et tels que les recommandations de sagesse de sourate Al-Isrâ’ : "et ton Seigneur a décrété : n’adorez que Lui ; et (marquez) de la bonté envers les père et mère". Tous ces versets réunissent croyance, culte, bonnes manières et comportement, concernant à la fois la religion et la vie matérielle, concernant l’individu, la famille et la société, dans un même propos sans aucune dissociation de ces facettes.

Parfois le Coran utilise la même formulation pour ordonner des choses que les gens considèrent comme étant différentes car relevant de domaines différents : "On vous a prescrit le talion au sujet des tués", "On vous a prescrit, quand la mort est proche de l’un de vous et s’il laisse des biens, de faire un testament en règle en faveur de ses père et mère et de ses plus proches. C’est un devoir pour les pieux.", "On vous a prescrit le jêune comme il a été prescrit à vos prédecesseurs afin que vous atteigniez la piété" et "On vous a prescrit le combat alors que vous le détestez". Il s’agit là d’une même formulation "kutiba `alaykom" (on vous a prescrit) dénotant du devoir et du caractère obligatoire. Elle a été employée au sujet des meurtres dans le code pénal, au sujet du testament qui relève du statut personnel et des affaires familiales, au sujet du jeûne qui fait partie du culte et au sujet du combat qui relève des relations internationales. Tous ces aspects font partie des presciptions obligatoires pour les croyants.

Autorité de la Sunnah dans la législation et la guidance

La Sunnah : c’est la voie et la méthodologie prophétique détaillée dans l’enseignement de l’islam, son application et l’éducation de la communauté par ses préceptes, ce qui est cristallisé dans la Parole d’Allâh - Glorifié soit-Il : "Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu’ils fussent auparavant dans un égarement évident. " [3 :164]

La Sunnah est constituée de ses paroles, paix et bénédiction d’Allâh sur lui, ses actes ainsi que ces approbations. La Sunnah est la deuxième source de l’islam, après le Noble Coran. Le Coran est la doctrine contenant les fondements, les bases principales de l’islam : les croyances, les œuvres cultuelles, l’éthique, les transactions [mu`âmalât], et les bonnes manières. La Sunnah est l’explication théorique et l’application pratique du coran dans tout ces domaines.

C’est pourquoi, il faut se conformer à la Sunnah et appliquer ses lois et ses enseignements. Obéir au Prophète dans la Sunnah est un devoir au même titre qu’il faut suivre ce qu’il a transmis comme versets. Ceci est prouvé par le Coran. Ceci est prouvé par la Sunnah elle-même. Ceci est prouvé également par le consensus de la communauté. De même que ceci est prouvé par la raison et la réflexion. Ceci est indiqué, preuves à l’appui, dans nos autres ouvrages.

P.-S.

Traduit de l’arabe du site qaradawi.net

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