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Le Miracle du Coran
Section : Tome I
Section : Qu’est-ce qu’un miracle ?

Quand les causes deviennent inopérantes

dimanche 20 mai 2001

Il s’agit d’un problème à l’origine du monde, un problème que Dieu - Exalté soit-Il - expose aux hommes afin que la foi pénètre le coeur des croyants et y installe la quiétude. Ainsi Dieu dit au croyant quand les causes sont perdues ne désespère pas car c’est Moi qui crée les causes et Je suis Celui qui peut produire les effets en l’absence même des lois. Ne désespère donc pas lorsque les causes se raréfient. Le croyant y trouve un refuge inexpugnable et sent la quiétude remplir son coeur et il n’est pas en proie à la peur à la perte d’une chose quelle qu’elle soit. En effet, il prend en compte les causes dans un premier temps. Puis, quand les causes font défaut ou sont difficiles à réunir et que toutes les issues sont bouchées devant lui, il se tourne vers Dieu - Glorifié soit Il - car le croyant ne désespère jamais de la miséricorde de Dieu, et âme ne se ruine pas et il ne perd pas sa tranquillité quand les causes s’écroulent.

Nous rencontrons cette histoire dans sourate Âl-cImrân (sourate 3 : La Famille de cImrân). La naissance de Marie - que Dieu l’agrée - a un retentissement que le Noble Coran transcrit : "(Rappelle-toi) quand la femme de cImrân dit : ‹Seigneur, je T’ai voué en toute exclusivité ce qui est dans mon ventre. Accepte-le donc, de moi. C’est Toi certes l’Audient et l’Omniscient›. Puis, lorsqu’elle en eut accouché, elle dit : ‹Seigneur, voilà que j’ai accouché d’une fille›" [versets 35 & 36] La phrase "voilà que j’ai accouché d’une fille" dite par la femme de `Imrân dénote de son regret de ne pas avoir mis au monde un garçon. En d’autres termes, le nouveau-né qu’elle vient d’avoir ne remplit pas les conditions pour lesquels il a été voué puisque la femme de `Imrân a voué ce qui est dans son ventre à Dieu - Exalté soit-Il - et comment Marie allait-elle pouvoir servir le Temple alors qu’elle est une fille ? De plus, la femme de cImrân dit que l’homme est mieux que la femme pour cette mission. Alors Dieu - Exalté soit-Il - lui dit : "Tu crois toujours que l’homme est mieux que la femme car tu abordes cette question d’un point de vue terrestre nul" et - Gloire à Lui - Il rajoute : "Et le garçon n’est pas comme la fille" c’est-à-dire que la fille que tu as eue est mieux que le garçon que tu espérais et il s’avère que la fille a un rang plus important que ce que tu croyais. Ne dis donc pas Dieu m’a donné une fille et ne m’a pas donné un garçon car Dieu - Exalté soit-Il - est le Créateur et il sait que cette fille aura une très grande valeur.

Ensuite, nous apprenons que le père de Marie est décédé car quand elle est née, on a cherché à lui attribuer un tuteur, quelqu’un qui remplacerait son tuteur naturel qui n’est autre que le père disparu. C’est ainsi que Zakariyyâ devient son tuteur. Le fait que Zakariyyâ, avec son lot de prophétie, devient son tuteur implique qu’il va devoir pourvoir pour elle pour tout ce qui concerne ses besoins matériels. Or, chaque fois qu’il rentrait chez elle dans le sanctuaire, il trouvait près d’elle de la nourriture [arabe : rizq]. Le fait qu’il trouve de la nourriture près d’elle dans le sanctuaire ou l’endroit où Marie priait et se prosternait signifie que ce n’est pas lui qui apportait cette nourriture et que Celui qui l’avait apporté n’était autre que Dieu - Gloire à Lui. Et pour cause, Zakariyyâ l’interroge : "d’où te vient cette nourriture ?" Elle dit : ‹Cela me vient d’Allah›. C’est là que la jeune orpheline Marie a commencé à comprendre par sa nature saine que Dieu - Exalté soit-Il - n’est pas sujet à une loi qui le gouverne et qu’il octroie ses dons à qui Il veut sans compter.

A ce stade, nous nous arrêtons un peu pour souligner que Dieu - Exalté soit-Il - quand Il a voulu préparer Marie à la mission qu’elle allait remplir, Il fit en sorte qu’elle lui soit vouée et à Son adoration. Puis, il lui choisit un Prophète, Zakariyyâ, pour tuteur. Puis, Dieu - glorifiésoit-avoululuipréparer le terrain en lui montrant que toute chose dans ce monde a une cause mais que certaines choses ont lieu sans cause ou que Dieu rend leurs causes inopérantes. Il a commencé par la subsistance [rizq] qu’Il lui octroyait : des fruits hors saison et une nourriture que l’on ne trouve pas sur terre en guise de préparation pour le futur et pour l’informer que Dieu - Exalté soit-Il - fait ce qu’Il veut.

Ensuite, Dieu a soulevé un autre problème qui est la prière de Zakariyyâ d’avoir un enfant. Quand il a vu la subsistance que recevait Marie sans compter, il a prié son Seigneur et lui a demandé un enfant. Alors Dieu a exaucé sa prière et lui a annoncé la bonne nouvelle d’un fils. A ce moment, Zakariyyâ se rappela l’absence des causes en lui-même et dit : Seigneur, je suis un vieillard et ma femme est stérile, c’est-à-dire que les conditions naturelles ne sont pas réunies pour permettre la procréation, alors comment vais-je avoir un enfant ? Dieu lui répondit : "Ainsi sera-t-il ! Ton Seigneur a dit : ‹Ceci m’est facile. Et avant cela, Je t’ai créé alors que tu n’étais rien" [19:9]

Ainsi Dieu avait-Il créé Zakariyyâ alors qu’Il n’était rien et Il était donc capable de lui donner un fils sans tenir compte des causes. Là encore, il s’agit d’un rappel pour Marie que Dieu - Exalté soit-Il - lorsqu’Il le veut, crée des choses sans leurs causes. Premièrement, Il lui a donné une subsistance sans causes. Puis il a exaucé la prière de Zakariyyâ dans le sanctuaire. Dieu - Gloire à Lui - dit : "Là, Zakariyyâ pria son Seigneur" [3:38]. Le mot "hunâlika" ["Là"] signifie que la prière a eu lieu dans le sanctuaire chez Marie afin qu’elle assiste une fois de plus à ce qui raffermisse et stabilise son coeur pour ce que Dieu a préparé pour elle. Elle a donc vu la création avoir lieu en l’absence des causes nécessaires : Zakariyyâ était vieux et sa femme était stérile et pourtant Dieu peut lui donner une progéniture.

Tout ceci visait à ce que Marie ne soit pas perturbée par le fait qu’elle mette au monde un enfant en l’absence d’un homme. Malgré tous ces préambules, Marie a été perturbée à la vue de l’ange Gabriel - paix sur lui. "Elle dit : ‹Comment aurais-je un fils, alors qu’aucun homme ne m’a touchée, et que je ne suis pas prostituée ?›" Ainsi après tous ces préambules, la nourriture sans cause, le fait que Zakariyyâ ait un enfant alors que les causes faisaient défaut, après toute cette préparation, Marie a été troublée à la vue de l’ange Gabriel au point que Dieu - Exalté soit-Il - lui dit pour la rassurer : "Ainsi sera-t-il ! Cela M’est facile, a dit ton Seigneur ! Et Nous ferons de lui un signe pour les gens" [19:21] Dieu veut dire à Marie que malgré tous ces préambules, tu t’étonnes de ce qui se passe, c’est toi qui disait : "Il donne certes la subsistance à qui Il veut sans compter" [3:37]. Marie, tu as témoigné du fait que Dieu - Exalté soit-Il - quand Il veut rendre inopérantes les lois de la nature et créer les effets en l’absence de leurs causes, Il en est capable. Tu l’as vu dans le cas de Zakariyyâ et pourtant tu t’étonnes.

P.-S.

Traduit et adapté de l’arabe, du livre de Sheikh Muhammad Mitwallî Ash-Sha`râwî, Mu`jizat Al-Qur’ân, éditions Akhbâr Al-Yawm, 1993, disponible en ligne sur le site Mohdy.com.

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