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Défense du dogme et de la loi de l’Islam contre les atteintes des orientalistes
Section : Développement de la loi

Prétentions osées

mercredi 23 avril 2003

L’orientaliste enivré se met ensuite à transcrire ses délires, non pas en tant que vomissement de haine mesquine, mais bel et bien en tant qu’étude neutre et honnête… Écoutez-le donc dire à la page 28 :

« L’épanouissement des idées de l’Islâm, ainsi que la fixation des modalités suivant lesquelles il se réalise, la fondation de ses institutions, sont le résultat du travail des générations suivantes. Ce résultat n’a pas été obtenu sans luttes intérieures et sans accomodements. Il serait donc faux, à tous points de vue, d’admettre que, comme on le soutient encore fréquemment aujourd’hui, l’Islâm « enters the world as a rounded system ». Au contraire, l’Islâm de Muhammed et du Qorân est incomplet, et ne devra son parachèvement qu’à l’activité des générations à venir. »

Il poursuit ses fantasmes à la page 31 :

« La ligne de conduite tracée par le Qorân lui-même en ces matières [de législation] était loin de suffire : ses prescriptions légales ne pouvaient subvenir aux besoins inattendus créés par les conquêtes et ses prévisions occasionnelles, limitées aux conditions primitives de l’Arabie, n’étaient nullement adéquates à la situation nouvelle. »

Autrement dit, l’Islam ne s’est pas accompli du vivant du Messager. Il ne contenait alors que quelques prescriptions légales seyant tout juste aux Arabes primitifs. Ceci est un mensonge déclaré, car l’Islam s’est achevé du vivant du Prophète, et les Musulmans sont unanimes quant au refus d’ajouter quoi que ce soit à cette religion. Ils considèrent tout ajout comme un égarement, et ils savent que le Livre de leur Seigneur et la Sunnah de leur Prophète sont amplement suffisants pour construire des législations convenant à toutes les époques…

Il poursuit son attaque contre la Sunnah, écrivant à la page 32 :

« On tenait pour correcte une façon d’agir et de juger lorsqu’elle pouvait être rattachée par une tradition sûre et ininterrompue à un Compagnon qui, témoin oculaire ou auriculaire, l’avait donnée comme répondant à la volonté du Prophète. C’est par une telle tradition que les détails coutumiers du rite et de la loi, établis sur son autorité, furent consacrés comme étant l’usage suivi sous les yeux du Prophète et avec son approbation par les modèles qu’étaient les fondateurs et les premiers adeptes de l’Islâm. »

Il dit ensuite - faisant mine de précision - à la page 33 :

« Nous ne voulons pas nier complètement que, dans les hadîth que nous ont transmis les générations postérieures, il n’ait pas survécu çà et là quelques bribes de matériaux anciens provenant, sinon de la bouche même du Prophète, au moins de la première génération des autorités de l’Islâm. Mais d’autre part il est facile de concevoir que, plus on s’éloignait de la source dans le temps et dans l’espace, plus il y avait à redouter que l’on pût, pour étayer des doctrines soit d’une valeur purement théorique, soit appelées à être mises en pratique, leur forger des lettres de créance sous forme de hadîth tout à fait corrects extérieurement et ramenés jusqu’aux plus hautes autorités, celles du Prophète et de ses Compagnons. » Il continue :

« Bientôt, en effet, il arriva que chaque opinion, chaque parti, chaque représentant de n’importe quelle doctrine donna cette forme à sa thèse, et que par suite les doctrines les plus contradictoires ont revêtu cet appareil. Ni dans le domaine du rite ou du dogme, ni dans celui des rapports juridiques ou même des luttes de partis politiques, il n’y a une seule doctrine d’école ou de parti qui ne puisse citer en sa faveur un hadîth ou tout un groupe de hadîth offrant l’apparence extérieure d’une tradition correcte. »

Quant à la réalité intérieure, elle serait totalement forgée comme l’insinue cet orientaliste, forgée par la Communauté islamique qui aurait sciemment comploté pour assimiler les idées qu’elle aurait trouvée chez les populations conquises, prétendant ensuite que ces idées étaient celles du Messager de l’Islam ! ! Il insiste une nouvelle fois sur ce point, écrivant à la page 34 :

« Au point de vue du développement historico-religieux qui nous occupe, le hadîth ne peut nous intéresser autant dans sa constitution littérale définitive que dans son évolution. Même les questions d’authenticité et d’antiquité passent à l’arrière-plan, lorsqu’on a reconnu que le hadîth reflète fidèlement et immédiatement les aspirations de la communauté islamique, et que nous possédons en lui un document inappréciable sur la constitution de l’idéal religieux en dehors du Qorân.

Car non seulement la loi et la coutume, le dogme et les doctrines politiques ont adopté la forme du hadîth, mais tout élément, soit dégagé par l’Islâm en vertu de sa force propre, soit puisé à des sources étrangères, a revêtu cette même forme. Par elle, l’Islâm s’assimila les matériaux étrangers et empruntés au point qu’on perdit la notion de leur origine. » Puis il dit à la page 35 :

« Ainsi le hadîth a formé le cadre du plus ancien développement des idées religieuses de l’Islâm. En lui ont trouvé leur expression les corollaires postérieurs fondés sur la morale du Qorân. »

P.-S.

Traduit de l’arabe aux éditions Nahdat Misr, cinquième édition, 1988.

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