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Défense du dogme et de la loi de l’Islam contre les atteintes des orientalistes
Section : Développement dogmatique

Le libre arbitre chez l’Homme et l’animal

vendredi 4 juillet 2003

Le Professeur Abû Al-Hasan An-Nadwî poursuit : « L’être humain incline par nature à la thèse du libre arbitre. Il conscientise parfaitement cette idée et l’applique dans sa vie quotidienne. Par ses actions et son comportement, il entérine ce libre arbitre et rejette la prédestination. Ainsi ne sanctionne-t-il pas les choses inanimées et ne se met-il pas en colère contre les pierres, le bois, l’eau, le feu, le vent, aussi grands soient les dommages et les souffrances que ceux-ci peuvent lui infliger. Nous posons la question suivante : Si une branche tombe sur ta maison, qu’elle te cause de graves blessures et beaucoup de douleur, iras-tu t’emporter de colère contre cette branche ? Et si tu la réprimandes, et que tu lui demandes pourquoi elle t’a brisé le bras ou pourquoi elle t’a blessé à la tête, seras-tu un homme raisonnable ?

De même, si un déluge ou des inondations arrivent chez toi, qu’ils emportent tout tes biens et tout ton mobilier, ou bien si le vent se déchaîne et qu’il t’arrache ta coiffe, iras-tu te mettre en colère contre l’eau ou le vent, en les réprimandant ou en les châtiant ?

En revanche, si un être humain t’humilie ou bafoue ta dignité, tu te révolteras certainement contre lui et tu lui administreras une terrible correction. Cela indique alors que tu sais faire la différence entre ce qui dispose d’une volonté libre et ce qui est prédestiné. Tu crois au fond de toi-même que l’être humain dipose d’un libre arbitre et d’une volonté. Et c’est en conséquence de cela que tu lui demandes des comptes, que tu le réprimandes, que tu le punis, que tu te plains de lui, que tu lui adresses des reproches et que tu n’acceptes pas ses excuses. Car tu penses qu’il est libre, et non pas prédestiné.

Jalâl Ad-Dîn Ar-Rûmî ne s’arrête pas ici. Il va encore plus loin en affirmant que même l’animal est conscient de cette réalité et qu’il sait faire, le plus naturellement du monde, la distinction entre ce qui dispose ou non d’une volonté libre. Si tu frappes un chien avec une pierre, le chien t’attaquera et voudra te mordre toi : il ne se dirigera pas vers la pierre pour s’en venger. De même, si le chamelier frappe son chameau, celui-ci se déchaînera non pas contre le bâton qui l’a frappé mais bel et bien contre son maître qui abuse de lui. Honte à toi, Homme raisonnable, si tu ne parviens à saisir et à comprendre cette vérité. »

Il dit enfin : « L’être humain n’ignore pas cette vérité. Mais il feint de l’ignorer en fonction de ses intérêts, de ses passions et de ses instincts, comme le jeûneur qui, convaincu que l’aube a fait son apparition, tourne sa tête de la lumière vers l’obscurité, s’enferme chez lui, et continue à boire et à manger. »

P.-S.

Traduit de l’arabe aux éditions Nahdat Misr, cinquième édition, 1988.

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