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Défense du dogme et de la loi de l’Islam contre les atteintes des orientalistes
Section : Ascétisme et Soufisme

Le monachisme déteste le parfum... comme il déteste la femme !

mercredi 10 mars 2004

L’entretien du corps humain des souillures qui peuvent l’affecter fait partie intégrante de la perfection tant désirée et de l’élévation spirituelle tant recherchée. Il s’agit aussi bien de le purifier des impuretés présentes dans l’air dans lequel nous baignons, que des salissures dues aux travaux que nous effectuons, que des sécrétions naturelles - comme la sueur par exemple - que nous rejetons...

L’eau est une base fondamentale dans l’hygiène. Un bédouin, voulant indiquer à sa fille le plus important des produits esthétiques, lui dit : « La meilleure eau de toilette est l’eau. »

C’est pour cette raison que l’eau et la purification corporelle occupent systématiquement le premier chapitre des livres de jurisprudence islamique. Il s’agit là d’une inclination noble visant à honorer l’homme et à relever de sa position.

L’Islam va jusqu’à imposer la toilette du défunt avant qu’il ne soit inhumé, et ce, afin qu’il retourne à son Seigneur avec un corps propre. Et il n’y a pas de mal non plus à ce qu’on le parfume !

Il est toutefois évident que cela ne signifie en rien le renoncement à la purification spirituelle, ou le rabaissement de la sublimité du cœur. Le soin qu’on apporte à une partie de la perfection humaine ne lèse nullement la valeur des autres parties...

Certains représentants du Christianisme ont commis l’erreur de croire que le Christ méprise la valeur de l’hygiène corporelle, s’appuyant sur des propos rapportés dans l’Évangile de Matthieu, propos qui indiquent en vérité tout autre chose...

Matthieu parle du Christ en ces termes :

« Et ayant appelé la foule près de lui, il leur dit : " Écoutez et comprenez ! Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui souille l’homme. " [...] Pierre, prenant la parole, lui dit : " Explique-nous la parabole. " Il dit : " Vous aussi, maintenant encore, vous êtes sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui pénètre dans la bouche passe dans le ventre, puis s’évacue aux lieux d’aisance, tandis que ce qui sort de la bouche procède du cœur, et c’est cela qui souille l’homme ? Du cœur en effet procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations. Voilà les choses qui souillent l’homme ; mais manger sans s’être lavé les mains, cela ne souille pas l’homme. " » [1]

Il était - et il est - en effet de coutume chez les Juifs de se laver les mains avant de commencer toute action ayant trait à l’être humain.

Ils se lavent ainsi obligatoirement les mains avant d’entrer dans la synagogue ou avant de prendre la Thora pour la réciter.

Leur attachement à ce précepte est tel qu’ils soulevèrent cette objection à notre seigneur Jésus - que la paix soit sur lui : « " Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? En effet, ils ne se lavent pas les mains au moment de prendre leur repas. " " Et vous, répliqua-t-il, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au nom de votre tradition ? " » [2]

Notre seigneur Jésus - que la paix soit sur lui - poursuit son discours : « Hypocrites ! Isaïe a bien prophétisé de vous, quand il a dit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi. Vain est le culte qu’ils me rendent. » [3]

D’après l’étude de l’intégralité de cet épisode, on retient manifestement que Jésus - que la paix soit sur lui - refuse qu’on se préoccupe de la forme en négligeant le fond.

Il refuse que les hommes portent tout leur intérêt à se laver les mains de la poussière, et ne se préoccupent ni de peu ni de beaucoup de laver leurs cœurs de la honte et des rancœurs.

Il ne faut assurément pas comprendre des propos de Jésus que la saleté est une pieuse vertu ou que la toilette du corps est inutile...

Lorsque le Messager de l’Islam vient rejeter les comportements des moines ébouriffés et poussiéreux, qui ne connaissent ni eau ni parfum, il vient de fait ancrer les fondements d’une foi supérieure et enseigner aux humains le progrès matériel et culturel authentique.

L’ascétisme, dans l’esprit de Goldziher - qui est toutefois excusé étant donné les enseignements qui ont dominé l’Europe pendant de nombreux siècles - est synonyme d’un corps malpropre, d’une allure misérable, d’une odeur nauséabonde, d’un rejet de la femme et d’un caractère barbare. Écoutons-le critiquer, à la page 119, les Imâms de l’Islam :

« Il est caractéristique que ces biographies présentent d’ordinaire des renseignements traditionnels développés sur la façon dont ces saints personnages avaient coutume de se parfumer, teignaient leur barbe et leurs cheveux, s’ornaient et se paraient dans leur habillement. La parfumerie, notamment, contre laquelle s’exerce pourtant le zèle des dévots, ennemis jurés des arts cosmétiques, joue toujours un rôle prépondérant. Par exemple `Othmân b. `Ubeïdallâh raconte, comme un souvenir de ses années d’écolier, que les parfums arrivaient jusqu’aux narines des enfants lorsque passaient devant l’école quatre personnages dont il cite les noms, et parmi lesquels figure par exemple Abû-Huraïra, l’une des autorités les plus considérables de la tradition musulmane.

On relate aussi avec prédilection le luxe qu’affichaient dans leur costume des gens connus pour des modèles de dévotion. Il n’est pas rare de lire qu’ils se couvraient de vêtements de velours. Pour justifier une telle opulence, on se sert habituellement d’une parole rapportée du Prophète : Lorsque Dieu favorise un homme en lui accordant le bien-être, il aime que les traces en soient visibles sur lui. [4] Par cette doctrine le Prophète blâme des gens aisés qui paraissent devant lui en pauvre équipage. Ce n’est pas là l’allure d’une tradition religieuse qui trouve son idéal dans le mépris de tous les biens de ce monde. »

C’est dans ton imagination à toi et dans ton héritage à toi que la tradition religieuse y voit un tort. L’Islam, quant à lui, - ô hommes - fait du mariage un acte de culte et fait du port des parures une tradition à accomplir à chaque prière.

Pourquoi juges-tu les Musulmans à partir d’un monachisme qu’ils réprouvent, une fois pour déduire qu’ils ont quitté l’Islam et une autre fois pour conclure que l’Islam a quitté ses fondements primitifs ?

P.-S.

Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Muhammad Al-Ghazâlî, Difâ` `an Al-`Aqîdah Wash-Sharî`ah didd Matâ`in Al-Mustashriqîn, éditions Nahdat Misr, deuxième édition, janvier 1997.

Notes

[1Évangile de Matthieu, chapitre 15, versets 10 à 20.

[2Évangile de Matthieu, chapitre 15, versets 2 et 3.

[3Évangile de Matthieu, chapitre 15, versets 7 à 9.

[4Hadith authentique rapporté par At-Tabarânî, Al-Bayhaqî et Ahmad en des termes similaires.

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