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Défense du dogme et de la loi de l’Islam contre les atteintes des orientalistes
Section : Développement dogmatique

Le destin chez le Sheikh Muhammad `Abduh

samedi 19 juillet 2003

Le Sheikh Muhammad `Abduh écrit dans son livre, Risâlat At-Tawhîd (Traité de l’Unité divine) :

« Tout comme la raison et les sens témoignent d’eux-mêmes de l’existence de l’Homme, tout comme celui-ci n’a pas besoin qu’on lui prouve ou qu’on lui enseigne sa propre existence, il atteste de même qu’il est parfaitement conscient de ses actes libres, dont il mesure les conséquences par sa raison, qu’il estime par sa volonté puis qu’il accomplit par ses capacités physiques. Nier quelque chose de cela reviendrait pour lui à nier sa propre existence, tant il s’oppose à ce que lui dicte l’évidence rationnelle.

Et tout comme il admet cela en sa personne propre, il l’admet également chez l’ensemble de ses congénères, du moment que, comme lui, ils sont sains de corps et d’esprit. Mais néanmoins, il se peut qu’il cherche à obtenir la grâce d’un de ses amis et qu’il n’en récolte que de la colère ; il se peut qu’il cherche à acquérir quelque bien mais qu’il n’y parvienne pas ; il se peut qu’il recherche un secours et qu’il tombe dans un malheur ; dans tous ces cas, il se morfondra lui-même en remords, se disant qu’il n’a pas été suffisamment perspicace en estimant l’action qu’il allait accomplir. Il érigera alors cet échec en guide qui lui permettra de poursuivre sa progression en évitant les écueils sur lesquels il avait auparavant buté, et il recommencera son action en suivant un chemin plus droit et en adoptant des méthodes plus sages. En revanche, si la cause de cet échec est l’intervention d’un tiers qui le concurrence dans l’obtention de l’objet de sa convoitise, sa colère s’attisera contre celui-ci, car il a constitué un obstacle entre lui et le résultat qu’il recherchait. Et cette colère, suivie de représailles, s’explique par le fait qu’au plus profond de son être, il est conscient que c’est cette tierce personne qui a provoqué la faillite de son entreprise. Mais cet être humain peut, en dernier recours, se diriger vers une explication supérieure, si son échec n’est imputable ni à sa négligence ni à la compétition soutenue contre lui par un tiers. Par exemple, une tempête qui lui coule son navire, ou une foudre qui lui consume son bétail. Ou encore s’il place son espoir en une personne qui lui promet son aide mais que celle-ci meurt, ou en une personne influente qui est démise de ses fonctions. L’être humain se dirige alors dans ces cas-là vers le constat qu’il existe dans cet univers une puissance supérieure à ce qu’il pourrait imaginer, dont la gestion de l’univers laisse deviner un pouvoir situé au-dessus de tout autre pouvoir. Si cette preuve éclatante l’amène à considérer que les événements survenant dans cet univers relèvent entièrement de la mainmise d’un nécessaire et unique Étant - qui régule ces événements en fonction de Sa Science et de Sa Volonté -, alors l’être humain fera montre de déférence et d’abandon à cette réalité supérieure. Il renverra à cette dernière tout ce qui est susceptible de lui arriver, tout en n’oubliant pas sa part de responsabilité. Tout comme il admet par la preuve rationnelle et empirique que le pouvoir du Créateur des créatures est supérieur au pouvoir des contingences, le croyant admet également et de manière évidente que dans ses actions libres - qu’elles soient intellectuelles ou physiques -, il est tenu responsable de la gestion, relative à ce pourquoi elles ont été créées, des forces et des voies de l’entendement que Dieu lui a attribuées.

Les hommes connaissent la gratitude envers Dieu pour Ses bienfaits. Et ils reconnaissent que c’est Lui qui a accordé à l’Homme le pouvoir de gérer ce que Dieu lui a attribué, dans le sens de ce pourquoi Il l’a créé.

C’est sur cette base que s’érigent les législations divines, et c’est grâce à elle que se fixent les responsabilités. Quiconque nie quelque chose de cela nie de fait le siège de la foi, qui est la raison, cette raison par laquelle Dieu a honoré l’Homme en s’adressant à lui à travers Ses Commandements et Ses Interdits. »

P.-S.

Traduit de l’arabe aux éditions Nahdat Misr, deuxième édition, janvier 1997.

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