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Chagrins d’un prédicateur
Section : Ils sont les enfants d’Israël... Les enfants de qui sommes nous ?

Des colons au nom de la Thora

jeudi 24 juillet 2003

Dans un rapport de l’AFP, publié par le quotidien qatari Ar-Râyah le 2 mai 1982, sous le titre "Des colons au nom de la Thora", l’auteur s’entretient avec un groupe de juifs dans une colonie qu’ils avaient fondée, afin de découvrir leurs motivations, les raisons qui les avaient poussés à s’y installer et à quel point ils tenaient à rester malgré la résistance arabe ininterrompue.

Aaron, qui résidait à Ofra depuis cinq ans, dit : "Ma propriété me revient au nom de la Thora ! Les objections des Arabes n’ont aucune valeur..." Aaron a quarante ans, il porte un pistolet à la ceinture et fait partie de la mouvance religieuse extrêmiste "Gosh Amonim". En réalité, la tendance qu’il représente est majoritaire parmi les colons israéliens.

À Kiryat-Arba, une colonie à proximité d’Hébron, Shalom - 33 ans - affirme ses intentions : "Ma principale préoccupation est axée sur le retour du peuple juif pour vivre sur sa terre. Si les Arabes ne sont pas convaincus que les textes de la Thora suffisent à établir la propriété de la terre aux juifs, ce n’est pas mon problème."

Mariam Lowings, l’épouse d’un rabbin connu, dit : "Nous devons obéir aux commandements de Dieu nous enjoignant de retourner à la terre sainte." Elle vit avec onze de ses enfants au milieu de la ville arabe d’Hébron sur les ruines d’un ancien temple !

Aaron, Shalom et Mariam disent d’une seule voix : "Les Arabes palestiniens ont suffisamment de place dans les pays arabes voisins. Ils n’ont qu’à y émigrer."

L’auteur de l’étude précise : "Les frontières d’Israël telles que ces gens se les figurent s’étendent au-delà de ses frontières actuelles. L’Israël dont il est question dans la Thora comprend une grande partie du Liban, la Jordanie dans sa totalité et la péninsule du Sinaï jusqu’au canal de Suez..."

Les colons sont tous armés de pistolets et de mitrailleuses et organisent des patrouilles qui montent la garde jour et nuit autour des colonies.

L’auteur termine son rapport par cette exclamation de Aaron regardant les vergers par sa fenêtre : "Ce pays nous appartient. Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait que des collines et de la rocaille. Nous avons cultivé le désert et Dieu nous a toujours soutenu depuis 2000 ans. Il nous aidera à démêler nos problèmes avec les Arabes !"

Voyez-vous la philosophie des nouveaux-venus et leurs discours secrets et publics ? Dieu et Ses Promesses à Son peuple élu ! La Thora et les frontières qu’elle trace ! Un droit de propriété au nom de la Thora ! Des efforts de construction ! Les Arabes, enfants de Canaan ou de Qahtân, quant à eux, n’ont qu’à aller vivre loin de nous !

Ce que dit l’homme de la rue est exactement ce que répète le Premier Ministre responsable... Comment, par le Seigneur de la terre et du ciel, ces gens crient leur appartenance religieuse, alors que nous nous en rétractons, faisant valoir une appartenance ethnique sans valeur ?!

Lorsqu’un politique juif parle en levant de la dextre son Livre sacré, est-ce un politique arabe, qui a honte de son Livre et qui ne l’évoque ni dans un sanctuaire ni sur la place publique, qui le fera taire ?

Revenons à l’honoré Canaan que nous venons d’invoquer dans son sommeil et à qui nous déclarons : "Nous sommes tes enfants !" Qui est-il ? Quelle est son histoire ?

Les juifs savent aussi bien que nous que la Palestine était habitée lorsqu’ils l’ont conquise au nom de la Thora. Les Canaanéens vivaient dans cette terre prospère. Ils jouissaient d’une supériorité civile et militaire qui les faisait baigner dans le luxe, les futilités et la puissance. Tout le monde les craignait et personne n’osait s’en prendre à eux !

Lorsque Moïse sortit d’Égypte avec son peuple vers le Sinaï, on leur ordonna d’aller en Palestine. Le Sinaï est en effet un passage qui mène vers la Palestine. Les juifs prirent peur de ce commandement et craignirent de combattre ses habitants. Ils dirent : "‹Ô Moïse, il y a là un peuple de géants. Jamais nous n’y entrerons jusqu’à ce qu’ils en sortent. S’ils en sortent, alors nous y entrerons›." [1]

Cette réponse transpire la couardise. Même les chiens et les chats sont capables d’entrer dans une contrée désertée par ses habitants. Où est le courage dans cette situation ? Moïse et quelques gens pieux parmi ses disciples essayèrent d’encourager les enfants d’Israël, mais ces derniers insistèrent : "‹Moïse ! Nous n’y entrerons jamais, aussi longtemps qu’ils y seront. Va donc, toi et ton Seigneur, et combattez tous deux. Nous restons là où nous sommes›." [2]

Le destin brouilla la terre du Sinaï devant les enfants d’Israël si bien qu’ils s’y perdirent pendant quarante ans, le temps que les générations poltronnes périssent et que vienne une génération plus saine. Entretemps, Moïse était décédé. Josué fut celui qui mena les juifs en Palestine après une lutte acharnée contre ses premiers géants.

Nos livres rapportent que dans l’une de ces batailles, Josué demanda à Dieu de lui accorder la victoire avant le coucher du Soleil. Alors Dieu retarda le coucher du Soleil jusqu’à ce qu’il eut obtenu la victoire.

Shawqî [3] évoque cet épisode dans son poème funéraire en faveur du révolutionnaire Sa`d Zaghlûl :

Ils escortèrent le Soleil et se penchèrent avec son crépuscule,
L’Est s’inclina et le pleura.
Si seulement j’étais avec Josué lorsque le Soleil voulut disparaitre,
Il s’écria et l’en dissuada !

Les juifs entrèrent alors en Palestine et y établirent un État pendant deux siècles. Que firent-ils ? Ils furent pire que leurs prédécesseurs, répandant dans les lieux complots, effusion de sang et massacres. Ils assassinèrent les Prophètes élus et les chefs équitables. Dieu les condamna alors à l’exil et à l’humiliation, et depuis, tel fut leur sort par les mains des puissants.

P.-S.

Traduit de l’arabe aux éditions Nahdat Misr.

Notes

[1Sourate 5, la Table servie, Al-Mâ’idah, verset 22.

[2Sourate 5, la Table servie, Al-Mâ’idah, verset 24.

[3Ahmad Shawqî, surnommé le Prince des Poètes, est un brillant poète égyptien du 20è siècle.

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