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Introduction aux sourates du Coran
Section : Sourates 21 à 30

Sourate Al-Qasas (Les Récits)

lundi 28 janvier 2002

Nom

La sourate tire son nom du verset 25 où apparaît le mot Al-Qasas (les récits). Du point de vue lexical, qasas signifie relater des événements selon leur succession. Ainsi, par sa signification également, ce mot constitue un titre convenable pour la sourate, dans la mesure où l’on y narre en détail l’histoire du Prophète Moïse.

Période de Révélation

Comme on l’a déjà dit dans l’introduction à la sourate An Naml, d’après Ibn `Abbâs et Jâbir Ibn Zayd, les sourates Ash-Shu`arâ’, An-Naml et Al-Qasas furent révélées les unes après les autres. Le style et le thème de ces trois sourates montrent également par leurs similitudes qu’elles relèvent approximativement de la même période de révélation. Une autre raison qui explique leur profonde ressemblance est que les différents épisodes de l’histoire du Prophète Moïse (Mûsâ) mentionnés dans ces sourates constituent, mis ensemble, une histoire complète. Dans la sourate Ash-Shu`arâ’, s’excusant de ne pouvoir accepter l’office de la mission prophétique, le Prophète Moïse dit : "Les gens de Pharaon ont un crime à me reprocher, aussi je crains qu’ils ne me tuent". Ensuite, lorsqu’il se présente devant Pharaon, ce dernier lui dit : "Ne t’a-t-on pas élevé comme un fils dans notre maison ? Tu as vécu quelques années parmi nous puis tu as fait ce que tu as fait". Il n’est dit rien d’autre alors, mais dans cette sourate, les autres détails sont donnés. De la même façon, dans la sourate An-Naml le récit commence de manière abrupte au moment où le Prophète Moïse, voyageant avec sa famille, vit soudain un feu qui brûlait au loin. Dans cette dernière sourate rien n’est précisé quant à la nature de son voyage, sa destination et sa provenance, mais la présente sourate fournit tous les détails nécessaires. Ainsi, les trois sourates lues à la suite forment le récit complet de l’histoire du prophète Moïse, paix sur lui.

Sujet et thèmes

Le thème principal de la sourate est la réfutation des doutes et objections concernant la mission prophétique du Saint Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui, et d’invalider les prétextes avancés pour ne pas le croire. à cette fin, l’histoire du prophète Moïse est racontée. L’analogie entre son contexte et la période de révélation grave les points suivants dans l’esprit du lecteur.

Tout d’abord , c’est à Allah qu’appartient de définir ce qu’Il veut accomplir, et d’y procéder, par des voies qui nous restent impénétrables. Aussi a-t-il fait en sorte que l’enfant qui devait chasser Pharaon du pouvoir fût nourri et élevé dans sa propre maison et qu’il ne pût savoir l’identité de l’enfant qu’il adoptait. Qui, dès lors peut lutter contre Dieu et s’opposer, par ses machinations, à l’accomplissement des plans divins.

Deuxièmement, la mission prophétique n’est pas accordée à un être humain, au milieu de festivités, faisant l’objet d’une proclamation de la terre et des cieux. Vous demandez comment Mohammad, paix et bénédiction de Dieu sur lui, a pu être honoré de la mission prophétique, tout d’un coup, de façon inattendue, mais Moïse que vous avez vous-mêmes reconnu comme Prophète (verset 48) est devenu Prophète de façon inattendue, au cours d’un voyage, et personne n’a su quel événement se passait alors dans le désert, au pied du mont Sinaï. Moïse lui-même, un moment auparavant ne savait quelle faveur allait lui être faite. En vérité, il était parti avec l’intention de ramener un tison de feu mais s’en était retourné nanti du don prophétique.

Troisièmement, la personne qu’Allah choisit comme instrument se présente sans armée ni armure, sans auxiliaire ou forces groupées derrière lui en apparence, cependant il est capable de défaire des adversaires bien plus puissants en apparence et bien mieux équipés. La différence existant entre les forces de Moise (psl) et Pharaon qui était prééminent et plein d’éclat est la même que celle qu’on trouve entre Mohammad - paix sur lui - et les Qurayshites : pourtant le monde entier sait qui l’a emporté à la fin et qui au contraire fut défait.

Quatrièmement, vous vous référez à Moise toujours et encore, disant : pourquoi n’a-t-on pas donné à Mohammad la même chose qu’à Moïse ? à savoir les miracles du bâton, la terre qui s’illumina, etc. comme pour dire que vous croiriez sur le champs si seulement on vous montrait le même genre de miracles que ceux que Moïse montra à Pharaon. Mais savez-vous le genre de réponse que firent ceux à qui on avait montré de tels miracles. Ils n’ont pas cru, même après avoir vu ces miracles et se sont contentés de dire : "c’est de la magie" car ils étaient prisonniers de leur obstination et de leur hostilité à la Vérité. C’est le même mal qui aujourd’hui vous afflige. Croirez-vous seulement si l’on vous montre le même genre de miracles. Savez vous donc le sort réservé aux mécréants après qu’ils aient vu les miracles ? Dieu les a anéantis. Voulez vous attirer le même malheur sur vous à force de vous obstiner à réclamer des miracles ?

C’était là des choses qui se gravaient dans l’esprit de quiconque entendait cette histoire dans le milieu des mécréants mecquois, car un conflit similaire existait à l’époque, opposant le Prophète aux mécréants de la Mecque, tout comme celui qui avait eu lieu entre moise et pharaon auparavant. C’est dans ce contexte que l’histoire de Moïse fut racontée, de sorte qu’une parfaite analogie était établie au détail près entre les conditions prévalant à la Mecque alors, et celles qui existaient au temps de Moïse, paix sur lui. Ensuite, à partir du verset 43 le sourate aborde le thème principal.

En premier lieu, le récit si précis et détaillé d’un événement historique survenu il y a plus de 2000 ans est présenté comme une preuve de la véracité des dires du Prophète, étant donné qu’il était illettré et que les habitants de sa cité et les membres de son clan savaient parfaitement qu’il n’avait accès à aucune source d’information. Ensuite, son accession au statut de prophète est mis en avant comme étant une faveur d’Allah car ils étaient égarés et Allah a fait en sorte qu’ils puissent recevoir la guidance. une réponse est également apportée à l’objection fréquemment avancée : "Pourquoi ce Prophète n’est il pas venu porteur des mêmes miracles que Moise ?" Il leur est dit : "De quel droit réclamez-vous des miracles, alors que vous n’avez pas cru en Moïse non plus, qui vous a pourtant fait voir, comme vous le reconnaissez vous-mêmes des miracles venus de Dieu ? Il vous est toujours loisible de voir la vérité, pour peu que vous abandonniez vos passions . Mais tant que vous serez affligés de ce mal, vous ne verrez pas, quand bien même on vous ferait voir toutes sortes de miracles."

Enfin, les mécréants de la Mecque se voient signifier un avertissement et ils sont blâmés au sujet d’un événement survenu pendant cette période. Des Chrétiens sont venus à la Mecque et ont embrassé l’islam lorsqu’ils ont entendu le Saint Prophète réciter le Coran. Au lieu d’en tirer une leçon, les Mecquois étaient si dépités que leur chef, Abû Jahl humilia ces gens en public. En conclusion il est question de l’excuse avancée par les polythéistes pour ne pas croire au saint Prophète. voilà ce qu’ils craignaient : "Si nous abandonnons le culte polythéiste des Arabes et acceptons le Tawhîd (Monothéisme Pur) à sa place, cela mettra fin à notre suprématie dans les domaines religieux, politique et économique, ce qui à son tour, anéantira notre rang de tribu la plus influente d’Arabie et nous nous retrouverons n’ayant de refuge nulle part dans le pays". Comme c’était là le véritable raison de l’hostilité des chefs Qurayshites face à la Vérité, et que leurs doutes et objections n’étaient que prétextes, Allah traite de ces points jusqu’à la fin de la sourate, examinant chacun de leurs aspects avec sagesse et propose le remède à cette maladie qui fait que ces gens jugent du vrai et du faux en se fondant uniquement sur leurs intérêts matériels.

P.-S.

Traduit de l’anglais du site de l’association des étudiants musulmans de l’USC.

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