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Introduction aux sourates du Coran
Section : Sourates 81 à 90

Sourate At-Tatfîf (La Fraude)

samedi 28 juillet 2001

Nom

Le nom de cette sourate est tiré du tout premier verset ; "Waylullil-mutaffifin" (Malheur aux fraudeurs) [1].

Période de Révélation

Le style de la sourate et son thème montrent clairement qu’elle a été révélée dans les premiers temps à la Mecque, quand sourate après sourate étaient révélées pour imprégner les esprits de la doctrine de l’Au-Delà.

Cette sourate a été révélée quand les gens ont commencé à ridiculiser les musulmans et les humilier publiquement dans les rues et dans leurs assemblées, bien que la persécution et les séquestrations des musulmans n’aient pas encore véritablement commencé. Certains commentateurs du Coran considèrent cette sourate comme une sourate médinoise (révélée à Médine).

Ce malentendu est dû à une tradition d’Ibn `Abbâs selon laquelle lorsque le Saint Prophète — paix et bénédictions sur lui — arriva à Médine, il était très commun de pratiquer le vice qu’était la fraude dans les poids et mesures. Puis Allah aurait révélé Waylullil-mutaffifin et les habitants auraient commencé à donner la pleine mesure et poids. Mais, comme nous l’avons expliqué dans l’introduction de la sourate Ad-Dahr, la pratique commune des compagnons et de leurs successeurs étaient que lorsqu’ils trouvaient un verset s’appliquant à un certain domaine de la vie, ils disaient que ce verset avait été révélé pour ce sujet particulier.

Ainsi, ce que montre la tradition d’Ibn Abbâs, c’est qu’après l’émigration à Médine, le Saint Prophète — paix et bénédictions sur lui — vit que ce vice était très commun chez les gens, et il leur récita cette sourate par Ordre d’Allah, et cela les aida à corriger leurs manières.

Thèmes et Sujets Abordés

Le thème de cette sourate est également l’Au-Delà. Dans les six premiers versets, on demande aux gens de prendre en considération les pratiques malfaisantes dans leur commerce. Quand ils doivent recevoir leur dû d’autrui, ils demandent leur plein droit, mais quand ils doivent donner leur mesure ou peser pour d’autres, ils leur donnent moins que ce qui est dû.

En citant ce mal parmi les nombreux maux prévalent alors dans cette société, le Coran nous apprend que c’est le résultat inévitable de l’inconscience de l’Au-Delà. A moins que les gens ne se rendent compte qu’il comparaîtront un jour devant Dieu et qu’Il leur demandera compte de chacune de leurs actions de ce monde, il n’est pas possible qu’ils adoptent la piété et la droiture dans leurs affaires quotidiennes. Même si une personne peut pratiquer l’honnêteté dans certaines de ses affaires les moins importantes où "l’honnêteté est la meilleure politique", cette même personne ne pratiquera jamais l’honnêteté dans des occasions où la malhonnêteté lui semblera "la meilleure politique".

L’homme ne peut développer une véritable et permanente honnêteté qu’en craignant Dieu et en croyant sincèrement dans l’Au-Delà. Ainsi ne considèrera-t-il pas l’honnêteté seulement comme "une politique" mais plutôt comme "un devoir" et une obligation, et sa constance ou non en matière d’honnêteté ne dépendra pas de l’utilité que cela peut présenter.

Ainsi, après avoir explicitement établi le lien entre la moralité et la doctrine de l’Au-Delà dans un style efficace et impressionnant, on apprend dans les versets 7 à 17 que les actions du pervers sont déjà inscrites dans la liste noire des coupables dans l’Au Delà et ils se rencontreront dans la ruine totale. Puis, dans les versets 18 à 28, on nous décrit la meilleure fin des vertueux et on nous dit que leurs actions sont inscrites parmi la liste des gens exaltés, auprès de laquelle sont assignés les anges les plus proches d’Allah.

En conclusion, les croyants se trouvent consolés, et les mécréants avertis, dans le sens suivant : "les gens qui humilient et méprisent les croyants aujourd’hui, sont les coupables qui, au Jour de la Résurrection, rencontreront une fin des plus horribles en conséquence de leur conduite, et ces mêmes croyants se sentiront réconfortés quand ils verront leur destin."

P.-S.

Traduit de l’anglais du site de l’association des étudiants musulmans de l’USC.

Notes

[1Cette sourate est plus fréquemment appelée Al-Mutaffifîn i.e. les fraudeurs.

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